Procès des parents de Bastien: Le père fond en larmes face à l'audition de sa fille

JUSTICE Agée de 9 ans aujourd'hui, la grande sœur de Bastien a été la première à orienter les gendarmes sur la piste du meurtre dans la machine à laver...

Hélène Sergent

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Charlene Cotte (à g.) et Christophe Champenois (à dr.), les parents de Bastien, un enfant de 3 ans mort après avoir été enfermé dans un lave-linge, sont jugés aux assises de Melun jusqu'au 11 septembre 2015.
Charlene Cotte (à g.) et Christophe Champenois (à dr.), les parents de Bastien, un enfant de 3 ans mort après avoir été enfermé dans un lave-linge, sont jugés aux assises de Melun jusqu'au 11 septembre 2015. — AFP

Il faut attendre quelques secondes avant de voir apparaître au centre de l’image, une petite fille blonde, les bras encombrés de deux peluches. Il est près de 22h ce 25 novembre 2011 quand Marie*, 5 ans, est entendue par deux policières. Quelques heures avant, son petit frère, Bastien, a été enfermé dans la machine à laver, lancée en programme essorage.

Assise au fond du canapé, les pieds ballants, la petite fille raconte : « On a dit à Bastien : c’est quand tu vas arrêter de faire des bêtises ? On lui a mis un coup de pieds et on l’a mis dans la machine à laver ». « Qui ? », demande l’une des deux femmes : « c’est papa qui a mis Bastien dans la machine »

VIDEO. Bastien, 3 ans, mort dans un lave-linge : Ce procès, « c’est l’affaire d’une exécution »

La mère de Bastien garde la tête baissée

Entrecoupés de silences, ses mots d’enfant disent l’horreur : « Quand il est sorti de la machine il avait des traces marron. Il était endormi. » Diffusée une première fois puis interrompues a cause d’un problème technique les images de l’audition ont provoqué les larmes du père dans le box des accusés. La mère de Bastien n’a, elle, pas levé la tête. Dans la salle, un silence de plomb s'est installé dès les premières phrases de la fillette. Sur le visage de la sœur de Bastien, la fatigue se lit. L’audition s’arrête puis reprend. « Qu’est ce qu’elle faisait ta maman a ce moment-là ? » Demande la policière, « bah elle faisait un puzzle, celui avec M. Patate, sur la table » lâche Marie.

Entendue à deux reprises, par les gendarmes puis le juge d’instruction, la grande sœur de Bastien est toujours restée constante dans ses déclarations. Face aux images, reviennent les mots lancés d’une voix tremblante, hier par le gendarme enquêteur en charge des investigations : « Je voudrais m’adresser à Marie, même si elle n’est pas la aujourd’hui, lui dire que c’est une petite fille très courageuse. »

* le prénom a été changé