Metz: Un an de prison pour avoir publié des photos intimes de son ex-femme sur Internet

JUSTICE L'homme avait également inscrit son ex-compagne sur des sites de rencontres libertins...

20 Minutes avec AFP
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En France, il n'existe pas encore de loi légiférant la cyber-vengeance ou le "revenge porn".
En France, il n'existe pas encore de loi légiférant la cyber-vengeance ou le "revenge porn". — Lionel Bonaventure AFP

Un homme de 39 ans a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel de Metz à une peine d’emprisonnement d’un an ferme pour avoir diffusé sur internet des photos intimes de son ex-femme, et l’avoir inscrite sur des sites de rencontres libertins. Le tribunal a également émis un mandat d’arrêt à l’encontre du prévenu, absent lors de l’audience et qui n’a pas donné de nouvelles depuis avril 2015.

Des photos suggestives publiées sur la page du lycée où elle travaille

L’homme a en revanche été relaxé pour des faits de menaces de mort envers son épouse pour lesquels il était également poursuivi. Manutentionnaire en intérim, sans emploi depuis son divorce en 2012, il avait diffusé « des photos intimes de son ex-compagne sur divers sites internet, blogs et réseaux sociaux », a rappelé l’avocate de la plaignante, Maître Marine Klein-Desserre.

Il avait également publié des photos suggestives, accompagnées de commentaires équivoques, sur la page Facebook du lycée dans lequel son ex-femme enseigne. La plaignante avait dû s’en expliquer auprès du proviseur ainsi que de parents d’élèves. Son ex-époux l’ayant inscrite sur une quinzaine de sites de rencontres libertins et échangistes, la mère des trois enfants du prévenu a aussi reçu des coups de téléphone et des visites à son domicile d’hommes pensant avoir rendez-vous avec elle.

Un  « procédé maladroit (...) pour attirer l’attention de son ex-épouse »

En deux ans, la jeune femme, originaire de Metz mais domiciliée dans la Creuse depuis son divorce, a reçu plus d’une centaine de lettres « manuscrites et signées », selon Maître Klein-Desserre, dont certaines revêtaient un caractère menaçant.

« On n’est pas dans un cas de porn revenge à l’américaine, mais plutôt dans un contentieux familial complexe », a plaidé Maître Mehdi Adjemi, dont le client, qui « souffre de ne pas avoir vu ses enfants depuis 2012 », aurait usé d’un « procédé maladroit et dommageable pour attirer l’attention de son ex-épouse ».

Le tribunal correctionnel a condamné l’homme à une peine d’emprisonnement d’un an ferme pour les faits de diffusion d’images portant atteinte à l’intimité d’une personne et de harcèlement. Il devra également verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse, ainsi que 1 000 euros à chacun de ses trois enfants. Le 26 août 2015, le parquet avait requis une peine de 18 mois ferme ainsi qu’un mandat d’arrêt à l’encontre du prévenu.