Un cyberdjihadiste condamné à cinq ans de prison et interdit du territoire français

JUSTICE L'homme s'était vanté sur Internet d'avoir créé une brigade pour Al-Qaïda au Maroc...

20 Minutes avec AFP

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Un croquis réalisé le 19 janvier 2015 représentant Fahd Jobrani, lors d'une audience dans un tribunal de Paris.
Un croquis réalisé le 19 janvier 2015 représentant Fahd Jobrani, lors d'une audience dans un tribunal de Paris. — BENOIT PEYRUCQ / AFP

Cinq ans de prison et une interdiction définitive du territoire français. La cour d’appel de Paris a confirmé ce mardi la sentence prononcée en première instance contre un Marocain de 37 ans qui se répandait sur Internet dans des diatribes djihadistes.

Le prévenu avait fait appel principalement à cause de l’interdiction du territoire prononcée en première instance. L’homme et son épouse, française, ont « l’impression de ne pas avoir été entendus », a déploré son avocate, Maître Anne-Sophie Laguens, pour qui la justice est en train de « briser deux vies en même temps ».

Il se vantait d’avoir créé une brigade pour Al-Qaida au Maroc

Identifié en 2012 lors d’une enquête dans une autre affaire, Fahd Jobrani, installé à Notre-Dame-de-Bliquetuit (Seine-Maritime), une petite commune près de Rouen, s’était vanté sur un forum sur internet de créer une « katiba », une brigade, pour Al-Qaida au Maroc. Des heures durant, il se répandait en diatribes contre la France et l’Occident, écrivant : « On ne restera plus derrière nos claviers. »

Fahd Jobrani, lui, a fait valoir qu’il n’est pas passé à l’action et qu’il ne l’aurait jamais fait. « Tout ça c’est fictif », avait-il déclaré devant la cour d’appel, cheveux noués en catogan et barbe fournie.

Un « goût démesuré pour les armes »

Dans son réquisitoire à l’audience du 30 juin 2015, l’avocat général s’en était pris aux « thèses extrémistes » défendues par le prévenu, son « goût démesuré pour les armes », les « actions violentes », les « actions morbides ». Lui est également reproché une réunion d’endoctrinement.

Le premier procès de Fahd Jobrani avait eu lieu peu après les attentats djihadistes de janvier à Paris. Le second se tient quelques jours après l’attaque contre une usine en Isère. « A chaque fois, il pâtit d’un certain climat », avait plaidé son avocate. Maître Laguens avait décrit son client comme « quelqu’un qui parle beaucoup », qui « joue un petit peu les caïds », « les émirs », mais n’avait aucune volonté de partir faire le djihad armé, n’avait ni réseau, ni infrastructures, ni matériel.