La SNCF peaufine sa gamme low-cost sur les trains et les autocars

TRANSPORTS Sous la marque «Oui », la compagnie ferroviaire veut lancer une gamme d’offres low-cost concernant TGV et autocars…

Fabrice Pouliquen

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Un TGV low-cost "Ouigo" à la Gare de Lyon, en 2013
Un TGV low-cost "Ouigo" à la Gare de Lyon, en 2013 — Jacques Demarthon AFP

Du neuf sur la longue distance. En cette rentrée, la SNCF dépoussière sa gamme de voyage longue distance. Le secteur rapporte déjà 100 millions de clients annuels à la compagnie ferroviaire. Mais il reste très grandement dominé par la voiture individuelle qui s’accapare 80 % du marché.

« Inventer le low-cost à la SNCF »

Le crédo de la SNCF pour grignoter ce marché ? « Plus pour moins », lance Barbara Dalibard, directrice générale SNCF voyageurs lors d’une conférence de presse ce jeudi après midi. Plus de services moins chers. » « Nous allons inventer le low-cost à la SNCF », dit même Rachel Picard, directrice générale de voyages SNCF. Low-cost… Le terme est désormais totalement assumé par Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF. « Mais nous ne le faisons pas au détriment de la sécurité de la réglementation, promet-il. Notre low-cost veut dire : droit de voyager plus. »

La nouvelle gamme s’appuie sur un mot-clé : « oui ». Pour le train, la marque n’a rien de nouveau. Ouigo, l’offre TGV à bas coûts existe depuis avril 2013 et circule entre Paris (la gare de Marne-la-Vallée) et des villes de l’axe rhodanien (Lyon, Avignon, Marseille et Montpellier) pour un prix d’appel de 10 euros.

Le Ouigo ira jusqu’à Tourcoing, Nantes et Rennes

Cette offre sera élargie à partir de 2016. « Nous passerons alors de 4 à 6 millions de voyages à bas prix dès la première année puis à 10 millions en 2018, annonce Rachel Picard. Huit nouvelles gares seront desservies : Tourcoing, près de Lille, la gare TGV Haute-Picardie, à 30 minutes d’Amiens, Le Mans, Angers, Rennes, Nantes et deux nouvelles gares en Île-de-France : Roissy-Charles-de-Gaulle et Massy TGV. » Tanguy Roumegoux, directeur de OuiGo, annonce un aller-retour quotidien pour chaque destination et une mise en vente des premiers billets courant novembre. L’Est et le Sud-Ouest ? La SNCF y songe, mais cela sera pour plus tard.

iDBUS devient Ouibus

Le « oui » sera aussi décliné avec l’offre d’autocar longue distance de la SNCF. Exit ainsi iDBUS, renommé Ouibus. L’offre à bord et le prix d’appel, à partir de 5 euros pour les trajets nationaux, restent les mêmes. Mais le réseau des gares desservies s’étoffe en profitant de la loi Macron qui a ouvert cet été à la concurrence le marché des autocars longue distance. « Nous allons ainsi tripler notre flotte d’autocars et doubler notre offre en 2016 pour proposer 4 millions de voyages à partir de 5 euros », détaille Rachelle Picard. Cent trente liaisons seront alors proposées vers 46 destinations, dont 35 en France. Ouibus annonce déjà d’ici à la fin 2015, 16 aller-retour entre Paris et Lille, 14 entre Paris et Lyon, 9 entre Paris et Nantes ou encore 7 entre Paris et Rennes.

En Île-de-France, les départs de ces autocars ne se feront plus seulement de la gare de Bercy, puisqu’une nouvelle gare routière sera ouverte dans le quartier de La Défense.