Des pickpockets roumains agissant au Louvre et à la Tour Eiffel jugés, ce jeudi, à Paris

JUSTICE Ils ciblaient principalement les touristes asiatiques…

20 Minutes avec AFP

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La Pyramide du Louvre à Paris le 20 mai 2015
La Pyramide du Louvre à Paris le 20 mai 2015 — Ludovic Marin AFP

La Tour Eiffel, le musée du Louvre, Orsay, le Château de Versailles… Circuit classique des touristes en visite à Paris. Circuit organisé d’une bande de pickpockets qui doit comparaître, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Enquête : Le fléau des pickpockets à Paris

En tout, dix-sept personnes doivent répondre de vols à l’arraché, la plupart étant originaires de Roumanie. Ce sont les agents du Louvre qui, les premiers, avaient alerté sur ce phénomène en recrudescence, allant même jusqu’à cesser le travail en avril 2013, entraînant la fermeture du musée pour une journée.

Les Asiatiques principalement visés

Lorsqu’ils étaient appréhendés par le personnel, il arrivait que les auteurs des vols se débattent, courent, ou même se déshabillent, provoquant le désordre dans les salles du musée.

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L’enquête a permis d’interpeller des membres de deux équipes de voleurs, qui opéraient par groupes de deux ou trois personnes, pour distraire les victimes, fouiller poches et sacs, faire le guet. Ils s’en prenaient surtout aux touristes asiatiques, réputés pour avoir sur eux d’importantes sommes d’argent en liquide.

Le couple s’est rencontré en volant dans le même sac

La plupart des prévenus, principalement originaires de Roumanie, ont contesté le caractère organisé des vols. Parmi eux figurent des « petites mains », mais aussi des donneurs d’ordres.

L’accusation met en avant de nombreux éléments recueillis pendant l’enquête, écoutes téléphoniques, achats de billets d’avions et locations de chambres d’hôtels en nombre, qui attestent une organisation structurée et supervisée.

Parmi les prévenus, figure notamment un couple, qui s’était rencontré en volant dans le même sac à main en 1994 à Rome. Ils menaient un train de vie sans rapport avec leurs revenus officiels.

Des complicités au sein du personnel de sécurité ?

Le produit des vols était majoritairement envoyé par mandat en Roumanie. Si les faits poursuivis concernent essentiellement l’année 2013, les investigations ont permis d’établir qu’entre 2005 et 2013, certaines des personnes mises en cause ont participé à 414 transferts d’argent, pour un montant avoisinant les 700.000 euros. Pour le seul mois d’août 2012, 138 vols, pour un préjudice total de 138.000 euros, ont été déclarés.

L’enquête a mis au jour des complicités au sein du personnel de sécurité au Louvre ou à la Tour Eiffel, sans pouvoir les identifier formellement.

En revanche, un agent de sécurité du château de Versailles doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris. Après avoir été, dit-il, menacé de mort par des « gens de l’est, des voleurs », approché par une jeune femme d’une trentaine d’années, il avait finalement accepté de fermer les yeux et même de livrer des renseignements sur la présence de ses collègues le plus efficaces. Il a reconnu avoir reçu grâce à son concours au total 10.000 euros. Son avocat n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience. Le procès doit se tenir jusqu’au 11 septembre.