Ethylothests antidémarrage: Huit questions sur le dispositif obligatoire dans les cars

SECURITE ROUTIERE En cas de consommation d'alcool, le véhicule restera immobilisé..

Delphine Bancaud

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Le 20 août 2015. Un éthylotest installé dans un car à Paris. AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN
Le 20 août 2015. Un éthylotest installé dans un car à Paris. AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN — AFP

Dès ce mardi tous les autocars devront être équipés d’un éthylotest antidémarrage (EAD). 20 Minutes fait le point sur les tenants et les aboutissants de cette mesure.

Pourquoi cette mesure ?

Selon le bilan 2014 de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR), l’alcool est en cause dans 28 % des accidents mortels sur les routes, tous véhicules. Si on ignore combien d’accidents de car ont révélé la présence d’alcool, plusieurs faits divers ces dernières années prouvent qu’il faut être plus vigilant sur ce sujet.

Quels sont les véhicules concernés ?

« Les cars scolaires mis en circulation à partir de 2010 avaient déjà l’obligation d’être équipés d’éthylotests antidémarrage mais, à partir de ce mardi, ce sont tous les cars, transportant des personnes qui sont concernés, qu’ils soient vieux ou neufs », précise Jean-Yves Salaün, délégué général de l’association Prévention routière. En revanche, les bus urbains et les cars étrangers circulant en France n’auront pas cette obligation.

Comment cela va fonctionner ?

Pour que le bus démarre, le taux d’alcoolémie du conducteur doit être inférieur à 0,2 gramme par litre de sang. Une tolérance inférieure à celle imposée aux conducteurs de voitures, qui est de 0,5 gramme par litre de sang. Si le test est positif, le véhicule ne démarre pas. Il est possible de faire un second essai. Si le conducteur présente encore un taux d’alcool supérieur à la norme, le véhicule est immobilisé et le principal intéressé doit prévenir son employeur pour être remplacé.

Tous les cars sont-ils déjà équipés ?

Le parc est équipé « à 80-90 % », estime Stéphane Vialettes, directeur général d’Alcolock France, fabricant d’EAD. En cas de non-respect de cette règle, la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) rappelle que l’autocariste risque jusqu’à 375 euros d’amende.

Un conducteur peut-il tricher ?

Ces appareils sont très fiables. Mais certains conducteurs ayant bu de l’alcool pourraient être tentés de faire souffler un de leurs amis à leur place : « Le risque existe toujours, mais il n’existe pas beaucoup de personnes capables de prendre cette responsabilité, en sachant que le conducteur alcoolisé pourrait avoir un accident », estime Jean-Yves Salaün. Sans compter que ce dernier ne pourrait pas passer entre les mailles du filet en cas de contrôle aléatoire de la police sur les routes.

Quelle est l’efficacité de ce dispositif ?

La Finlande a été la première à imposer le dispositif, avec de vrais retours positifs. Pour Jean-Yves Salaün. « Il s’agit d’un excellent moyen de prévention afin d’éviter des situations dramatiques ». Et d’envoyer à nouveau un message de vigilance à tous les usagers de la route concernant la consommation d’alcool. Par ailleurs, en moyenne, la récidive des conducteurs ayant bu de l’alcool avant de conduite baisse de moitié dans les pays qui utilisent les EAD.

Quels sont les bémols de cette mesure ?

« Le fait qu’elle ne concerne pas les cars étrangers, ni les bus urbains en réduit la portée, mais c’est déjà un bon début », estime Jean-Yves Salaün.

Cette mesure va-t-elle contribuer au développement des éthylotests anti démarrage pour les autres véhicules ?

Depuis 2011, les juges peuvent imposer l’installation d’un éthylotest anti démarrage sur les véhicules des personnes condamnées après avoir roulé avec plus de 0,8 g/l de sang. « Mais cette peine est rarement prononcée par les juges, notamment car en raison du manque de centres installateurs et du prix de l’appareil. Mais nous le regrettons », déclare Jean-Yves Salaün. Les associations de prévention routière espèrent que le sujet sera remis sur la table lors du prochain Comité interministériel de sécurité routière, convoqué à la rentrée.