Rentrée scolaire: Dans les coulisses de la constitution des classes

ECOLE Elèves perturbateurs, options, mixité garçons-filles: autant de critères pour décider de placer un élève dans telle ou telle classe...

20 Minutes avec AFP

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Illustration rentrée scolaire.
 // V. WARTNER / 20 MINUTES
Illustration rentrée scolaire. // V. WARTNER / 20 MINUTES — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quels sont les critères adoptés lors de la constitution des classes au sein des collèges et lycées? La répartition des élèves perturbateurs, les options, la mixité filles-garçons, et très peu le hasard, répondent les proviseurs, qui considèrent cet exercice comme un enjeu majeur.

Ils sont une très large majorité à estimer qu'une construction des classes «pensée et réfléchie» influe sur la dynamique de classe (91%), la cohésion entre les élèves (90%), les problèmes comportementaux (88%) et les résultats scolaires (84%), indique une étude publiée mardi par le Cnesco, organisme chargé d'évaluer l'organisation et les résultats du système scolaire français.

Plus d'incidents liés «à l'âge bête»

Cette question occupe «une place croissante» depuis une vingtaine d'années, note Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN). En raison de la multiplication au collège, à partir de la moitié des années 90, des incidents liés à «l'âge bête», ajoute-t-il. Il a alors été décidé de disséminer, bien plus qu'avant, les élèves en difficulté comportementale.

Ainsi au collège, les cinq critères les plus usités pour constituer les classes sont les problèmes comportementaux des élèves (cité par 96% des principaux), la diversité des profils scolaires (96%), les options (95%), la mixité filles/garçons (95%) et les tensions entre élèves (93%), selon cette enquête réalisée cet été auprès de 480 chefs d'établissement. Au lycée, les proviseurs prennent surtout en compte les options, la mixité filles-garçons et les tensions entre élèves.

Les langues vivantes, les dispositifs spécifiques (classes européennes par exemple), l'équilibre filles/garçons sont autant de variables à entrer dans «un énorme tableau Excel», explique à l'AFP Didier Georges, proviseur du lycée Le Corbusier à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Une part de mystère

Une fois les classes constituées, on calcule la moyenne de chaque groupe à partir des notes des enfants, et des ajustements sont effectués pour obtenir «une certaine homogénéité» de niveau. «Mais ce travail ne garantit pas toujours le succès. On peut avoir deux classes identiques sur le papier, avec quasiment la même équipe de profs, mais l'une fonctionnera et l'autre pas», note-t-il. «Quels sont les leviers pour assurer le dynamisme, l'engouement pour le travail, l'entraide entre les élèves? Mystère».

Le modèle français, à l'inverse du modèle nordique par exemple, ne cherche pas particulièrement à conserver les mêmes classes ou la même équipe pédagogique pour une classe donnée d'une année sur l'autre, note la sociologue Nathalie Mons, présidente du Cnesco.

Le Conseil national de l'évaluation du système scolaire préconise une plus grande transparence sur les critères utilisés par chaque établissement -rejoint sur ce point par le représentant des personnels de direction Philippe Tournier- et recommande de débattre de ces critères et de leur hiérarchisation. Il souhaite également une meilleure formation de l'encadrement sur ce sujet.