Rentrée scolaire: Les profs qui ont changé leur vie

TÉMOIGNAGES A l’occasion de la rentrée scolaire ce mardi, « 20 Minutes » a donné la parole à des anciens élèves reconnaissants…

Delphine Bancaud

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Une classe de primaire, illustration.
Une classe de primaire, illustration. — PHILIPPE HUGUEN/ AFP

Le temps passe, mais le souvenir reste. Même après des années, d’anciens élèves évoquent encore avec émotion un de leurs enseignants. A l’occasion de la rentrée scolaire 20 Minutes leur a donné la parole…

Céline, 42 ans : « Cette prof de Français nous a poussés à nous dépasser »

« C’était une agrégée égarée dans un petit collège. Ma professeur de Français en 6e et en 5e au collège Raymond-Queneau de Paris m’a profondément marquée. C’était un puits de culture qui aurait pu enseigner dans un lycée élitiste. Elle nous parlait souvent des adultes complexés par leur manque de culture littéraire en répétant : "Quelle chance ils ont d’avoir à découvrir les grands textes !" Car ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était faire partager son plaisir de la lecture. Elle nous faisait déclamer des textes classiques, nous emmenait au théâtre, nous faisait beaucoup écrire, notamment des rédactions libres. Et elle avait même fait relier nos meilleurs écrits dans un recueil. Quelle fierté ! Son exigence nous a poussés à nous dépasser. Je l’ai recroisée il y a une dizaine d’années au festival d’Avignon. Elle m’a reconnue au premier coup d’œil et se rappelait avec émotion de notre classe. »

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Sarah, 44 ans : « Avec lui, on se serait cru dans Le Cercle des poètes disparus »

« En première S, les élèves ne sont généralement pas très motivés en cours de Français. Mais dans ma classe du cours privé Lafayette à Paris, c’était tout le contraire. On l’attendait avec impatience car on adorait notre prof un peu baba cool. Avec lui, on se serait cru dans Le Cercle des poètes disparus. Il montait sur les tables pour déclamer des textes littéraires. Et on se lançait dans des joutes théâtrales dans la classe. Ça rendait les textes plus vivants et en interprétant les personnages, on les comprenait mieux. Nous étions tellement passionnés par ce cours, qu’on a tous eu 15 au bac Français ! Et je suis sûre que c’est dans ses cours que j’ai appris à prendre la parole en public. »

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Jean-Jacques, 28 ans : « Le jour où elle a lu le discours de Churchill, j’en ai eu la chair de poule »

« J’étais un élève perturbateur dans mon collège classé ZEP [Zone d'éducation prioritaire] de Marseille. Je ne travaillais pas beaucoup et passais mon temps en retenue. Jusqu’au jour où ma prof d’histoire nous a lu le discours de Churchill. C’était tellement fort que nous sommes tous restés silencieux. J’en ai eu la chair de poule et cela m’a donné envie de m’intéresser à la Seconde Guerre mondiale. Moi qui ne lisais jamais, je me suis mis à dévorer des tas de livres sur le sujet, puis sur la Première Guerre mondiale et enfin sur l’histoire en général. Cette passion a perduré, à tel point qu’après un BTS, j’ai décroché une licence d’histoire. Et depuis 3 ans, je suis professeur d’histoire dans un établissement privé. Aujourd’hui, je m’inspire de cette prof pour être le plus dynamique possible, car elle savait rendre sa matière vivante comme personne. »

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Marie, 41 ans, « Grâce à mon instituteur de CP, j’ai toujours aimé l’école »

« J’ai encore plein de souvenirs de mon instituteur de CP à l’école Buffalo de Montrouge. C’est grâce à lui si j’ai toujours aimé l’école. Il était passionné par son métier et nous a appris à lire avec une méthode révolutionnaire. Il nous a d’abord initiés à une sorte de langue des signes. Chaque geste était associé à un son. Et on déchiffrait un texte en faisant des signes. Une pédagogie qui pouvait sembler bizarre, mais qui a très bien fonctionné car tous les élèves de ma classe ont su lire plus tôt dans l’année que ceux de l’autre classe de CP avec une méthode plus classique. Je me souviens encore des livres qu’on avait découverts avec lui, comme Les lunettes du lion. Je pense que c’est aussi grâce à lui que j’ai une orthographe naturelle aujourd’hui, car j’ai eu des bases solides en français. Et comme j’étais la plus jeune de la classe, il m’avait pris sous son aile et il me faisait même des bracelets en trombones ! »