Les Anonymous intensifient leur lutte contre l’Eglise de scientologie en France

SOCIÉTÉ Estimant que les autorités françaises n’accordent pas les moyens nécessaires à la lutte, les « hacktivistes » ont piraté plusieurs sites internet liés à la scientologie…

Vincent Vantighem

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Une membre des Anonymous lors d'une manifestation contre l'Eglise de scientologie, place du Trocadéro à Paris.
Une membre des Anonymous lors d'une manifestation contre l'Eglise de scientologie, place du Trocadéro à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

« Trop tard pour les excuses. Maintenant, il est temps de payer ! » Dimanche dernier, à l’heure de la messe, les Anonymous ont tenu à adresser un message aux adeptes de l’Eglise de scientologie en piratant six de ses sites Internet français. Les « hacktivistes » menacent désormais de diffuser les informations et surtout les noms des adeptes qu’ils y ont trouvés.

« Cela ne nous inquiète pas, réagit auprès de 20 Minutes, Eric Roux, le porte-parole de l’Eglise de scientologie en France. Pour commettre leurs actes délictuels, les Anonymous avancent masqués. Pour moi, ils n’ont simplement aucun courage ! »

« Récemment, je me suis procuré une arme… »

Opérations de filature, manifestations, hacking : les Anonymous donnent pourtant l’impression du contraire. « J'ai obtenu récemment un permis de détention d'arme, confie même l’un d’entre eux à 20 Minutes. On a peur de la façon dont tout ça pourrait se terminer… » Car, depuis sa condamnation définitive en 2013 pour « escroquerie en bande organisée », la Scientologie française serait, selon plusieurs experts interrogés par 20 Minutes, « totalement aux abois ».

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Eric Roux, lui, avance toujours les mêmes chiffres : « Zéro souci financier. Pas de baisse d’activité. Et 40 à 50.000 adeptes dont un noyau dur de 5.000 personnes dans l’Hexagone. » Autant de raisons de continuer le combat pour les Anonymous. « Selon un sondage, 25 % des Français ont déjà été approchés par une secte, justifie l’un d’entre eux. L’Etat n’a pas les moyens de s’engager dans la lutte alors on s’en occupe… »

15 personnes pour suivre 1.800 mouvements suspects

Président de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), Serge Blisko ne cautionne pas ces « méthodes nouvelles » mais reconnaît que les Anonymous font de l’excellent travail pour « dénoncer la nocivité de la Scientologie ».

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« Simplement, nous travaillons différemment », assure-t-il. Pour cela, il dispose d’une équipe de 15 personnes chargées de suivre environ 1.800 mouvements qui peuvent être considérés comme suspects. « Nous sommes environ 300 en France. Et 50 rien qu’à Paris », compare un Anonymous.