Où en est la promesse d'Hollande de créer 60.000 postes dans l'Education?

RENTREE Lors de sa conférence de presse de rentrée ce mardi, Najat Vallaud-Belkacem devra faire le point sur cet objectif...

Delphine Bancaud

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François Hollande en déplacement dans une école à Angoulême, le 9 octobre 2014.
François Hollande en déplacement dans une école à Angoulême, le 9 octobre 2014. — NOSSANT/SIPA

C’est le jour du grand oral pour Najat Vallaud-Belkacem. C’est ce mardi que la ministre de l’Education fait sa conférence de presse de rentrée. L’occasion pour elle de rendre des comptes sur les engagements du gouvernement en matière d’éducation à deux tiers du quinquennat de François Hollande. Et plus particulièrement, sur la promesse de créer 60.000 postes dans l’éducation à l’horizon 2017.

Selon le ministère de l’Education, « les 60.000 postes seront bien créés d’ici à 2017 ». D’après la rue de Grenelle, au 1er septembre 2015, 31.627 emplois ont déjà vu le jour dans le premier et le second degrés. Sans compter les 3.000 nouveaux postes de l’enseignement supérieur et les 600 postes dans l’enseignement agricole. Soit 35.200 au total. « Le reste des postes sera créé en 2016 et 2017 pour atteindre l’objectif fixé », indique le ministère.

Le tempo des créations critiqué pour le premier degré

Un discours volontariste qui suscite cependant des doutes chez les syndicats. Concernant le premier degré, Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU s’inquiète : « A cette rentrée, 8.914 postes ont été créés depuis 2012 sur les 20.250 promis. Soit moins de la moitié. Il faut changer de braquet », insiste-t-il. D’autant que les postes qui voient le jour à cette rentrée seront insuffisants pour satisfaire les besoins dans les écoles, souligne-t-il : « 2.511 postes sont créés alors qu’on attend 25.400 élèves en plus. Et 464 nouvelles classes seront ouvertes, ce qui correspond à une classe pour 55 élèves supplémentaires. »

Du coup, selon lui, une classe sur deux comptera plus de 25 élèves à cette rentrée. Par ailleurs, certaines académies (comme Créteil ou la Guyane) connaissent toujours un déficit structurel d’effectifs. Mais si la situation est grave, elle n’est pas encore désespérée, estime Sébastien Sihr et le ministère pourrait encore combler son retard. « Encore faut-il que le budget 2016 puisse l’acter », souffle-t-il.

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Des inquiétudes dans le secondaire

Du côté des syndicats du second degré, l’optimisme du ministère laisse aussi perplexe. « Depuis 2012, 31.529 postes ont été créés dans le secondaire, mais il en reste 22.471 à concevoir d’ici à 2017. Cela risque d’être difficile », explique Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du SNES. D’autant que le secondaire fait face à une crise des vocations dans certaines disciplines. Par ailleurs, même si le gouvernement parvenait à honorer sa parole, la syndicaliste estime que ces moyens humains supplémentaires ne suffiraient pas, face à la poussée démographique. « Les effectifs du second degré seront en forte augmentation pour les rentrées 2015 et 2016 (+ 27.000 élèves et + 29.000) », annonce Frédérique Rolet. Le syndicat s’attend d’ailleurs à une rentrée difficile sur le plan des effectifs, notamment en seconde où la plupart des classes vont atteindre, voire dépasser les 35 élèves.

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Reste désormais à Najat Vallaud-Belkacem à prouver aux syndicats que leurs doutes sont infondés. Car après une réforme des rythmes scolaires contestée, une réforme du collège chahutée, une promesse non tenue concernant les 60.000 postes serait interprétée comme un échec de la politique éducative du gouvernement.