Attaque dans un Thalys: Le problème de la sécurité dans les trains relancé par certains experts

ATTAQUE Certains experts de la sécurité pointent dans les médias l'absence de mesures de sécurité dans les trains et les gares...

T.L.G.

— 

Un train Thalys en provenance d'Amsterdam a été le lieu d'une fusillade le 21 août 2015.
Un train Thalys en provenance d'Amsterdam a été le lieu d'une fusillade le 21 août 2015. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’attaque déjouée de justesse dans un Thalys vendredi soir pose la question de la sécurité dans les trains. Le suspect, qui a été maîtrisé par des militaires américains, avait en sa possession un impressionnant arsenal : une kalachnikov, 9 chargeurs, un pistolet automatique et un cutter. Contrairement aux aéroports, les passagers ne sont pas contrôlés pour accéder aux quais.

Fusillade dans un Thalys : Le train, lieu privilégié d’attaques terroristes

« Dans l’aérien, les mesures de sûreté n’ont cessé de s’accroître depuis le 11 septembre - qu’il s’agisse du fret ou des passagers. Les couteaux n’étaient plus autorisés, puis les liquides… Les normes se sont adaptées aux nouvelles formes de danger. Dans le transport ferroviaire, il n’y a eu aucune évolution », explique à l’Express Bertrand Monnet, professeur titulaire de la Chaire Management des risques criminels à l’Edhec. « Les gares et les trains sont des cibles idéales pour les terroristes […] il n’existe actuellement aucun détecteur d’armes dans les gares », ajoute le spécialiste.

Dans La Voix du Nord un spécialiste de la sécurité ferroviaire assure que le suspect a ainsi pu dissimuler ses armes dans des bagages. « Il n’y a rien de plus simple. On ne peut pas contrôler tous les passagers ni leurs valises comme pour un avion. Il y en a beaucoup trop. Ou alors, il faudrait équiper toutes les gares de points de filtrages, comme dans les aéroports… ». L’expert ajoute que dans les TGV ou les Thalys « la plupart du temps, il n’y a aucun policier sauf dispositif spécial pour une raison particulière. Dans ces trains-là, les seules personnes présentes (pour faire la police), c’est le personnel SNCF ».

L'espace Schengen et ses frontières intérieures

Seuls les trains à destination du Royaume-Uni bénéficient d’un contrôle de sécurité. « Nous avons pris des mesures sur le contrôle des bagages et des passagers sur l’Eurostar. Les Espagnols ont fait la même chose après les attentats de Madrid sur les trains à grande vitesse. Par rapport aux mesures de sécurité mises en œuvre dans les ports et les aéroports, ça pose un problème », précise Roger Marion, ancien chef de la division nationale antiterroriste à BFM TV.

Sur LCI, l’ancien agent de la DGSE Claude Moniquet assure que le train n’a fait l’objet d’aucun contrôle car il circulait à l’intérieur des frontières de l’espace Schengen. « Si vous prenez le Thalys pour la Grande-Bretagne, vous allez être contrôlé et vos bagages vont passer au rayon X, parce que vous franchissez une frontière de l’espace Schengen. Mais entre l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la France, il n’y a aucun passage de frontière internationale. Il n’y a pas de contrôle d’identité, il suffit d’avoir un titre de transport valable pour monter à bord du train. »

Un renforcement des contrôles serait toute fois difficile à mettre en place, selon lui. « D’une part, il y aura certainement des problèmes légaux puisqu’établir un contrôle d’identité dans les frontières intérieures à l’espace Schengen est interdit par les traités européens ». Autre raison, l’ensemble des gares du trajet devrait être sécurisé.