Tirs dans un Thalys: «C'était comme dans un film sauf que c'était la réalité»

FUSILLADE Les passagers du train Amsterdam-Paris témoignent...

M.C. avec AFP

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Un train Thalys (illustration).
Un train Thalys (illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Deux personnes ont été blessées, mais le bilan aurait pu être bien plus lourd. Après le ou les coups de feu tirés par un homme dans un Thalys entre Amsterdam et Paris vendredi, une attaque vraisemblablement terroriste, des voyageurs à bord du train, qui transportait 554 passagers, témoignent.

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Damien, Parisien de 35 ans, décrit le suspect comme un homme «torse nu, assez fin et sec» avec un «flingue». «J'étais en train de lire un magazine et lorsque j'ai entendu du bruit dans l'autre wagon, je me suis levé, je me suis dit qu'il y avait une embrouille entre deux personnes. J'ai vu alors une personne avec un t-shirt noir aller au fond de mon wagon, comme s'il s'échappait».

Une autre personne, le malfaiteur présumé, qui était torse nu, «s'est arrêté entre les deux wagons, il a tiré, ça a fait «clic-clic-clic», sans faire de coup de feu comme dans les films», a-t-il dit, précisant qu'il n'avait pas entendu le bruit des balles. «Le mec torse nu est ensuite retourné dans le wagon 12 et une personne avec un t-shirt vert, rasé, (selon les premiers éléments le militaire américain, ndlr) l'a vu, s'est jeté sur lui et l'a plaqué au sol». Il se souvient ensuite de «chamaillements» avec le malfaiteur présumé plaqué au sol.

Il y avait «du sang partout»

A quelques pas, dans la voiture 12 se trouvait Christina Cathleen Coons, New-Yorkaise de 28 ans, en vacances en Europe. «J'ai entendu des coups de feu, sans doute deux, et un type s'est écroulé», relate-t-elle. Il y avait «du sang partout», poursuit-elle, montrant des photos de la scène, qui font désormais le tour du monde des réseaux sociaux.

Tirs dans un Thalys: Ce que l'on sait du suspect

Ces deux passagers ont été pris en charge parmi des centaines d'autres dans un gymnase tout proche de la gare d'Arras où on leur a distribué des collations. Les passagers ont ensuite été acheminés à Paris, où un premier train est arrivé à 00h36 à la gare du Nord.

«On s'est dit que c'était quelqu'un qui fumait dans les toilettes»

«C'était comme dans un film sauf que c'était la réalité», témoigne une autre passagère, Arcange Shannon. «Dans le train on a entendu l'alarme sonner à plusieurs reprises par intermittence, on ne s'est pas trop inquiétés, on s'est dit que c'était sans doute quelqu'un qui fumait dans les toilettes», raconte-t-elle. En descendant du train elle a vu «une personne sur une chaise avec les mains en sang et le visage tuméfié».

Joe a encore dû mal à reprendre ses esprits: son épouse Amy a frôlé la mort. «J'ai vu la vitre tomber au-dessus des épaules de ma femme», explique-t-il. «Je remercie ces deux hommes qui avaient un tee shirt des Lakers et un maillot de football. Je suis fier qu'ils aient réagi rapidement, empêchant un désastre», ajoute-t-il, précisant qu'il n'y avait «pas plus de six ou de sept personnes dans ce wagon, une première classe» du Thalys.

«Il y a eu énormément de panique»

Laurent, lui, était monté à Anvers, et était dans le wagon suivant. «Le personnel du Thalys s'est rué dans notre voiture en courant, on se demandait ce qui se passait», explique ce Parisien d'une quarantaine d'années. «Une dame est arrivée dans notre train criant "il a reçu une balle, il perd du sang ! Est ce qu'il y a un médecin ?"»

«J'ai hésité à y aller car comme il y avait une blessure par balle, il y avait peut-être un tireur, d'autres personnes sont revenues disant que la personne a été neutralisée, j'y suis allé», explique-t-il dans la nuit noire de la préfecture du Pas-de-Calais. «J'ai vu une personne au sol, une autre personne lui faisait un garrot au niveau du cou, je le voyais bouger», dit cet homme, qui dit avoir des notions de secourisme.

«La dame était paniquée, demandant pourquoi le train continuait à rouler et pourquoi les secours n'étaient pas là, on l'a rassurée», ajoute-t-il. «Il y avait aussi une personne ligotée au sol, saucissonnée», dit-il, faisant allusion au tireur. «Il y a eu énormément de panique», conclut-il, avant de rejoindre la gare d'Arras pour regagner enfin Paris.