Réforme des rythmes scolaires: Les parents seront davantage mis à contribution cette année

EDUCATION De nombreuses communes, acculées par la baisse des dotations de l’Etat, sont contraintes de faire payer les parents ou d’augmenter encore le tarif des activités périscolaires…  

Delphine Bancaud

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Mis en place à la rentrée 2013, les nouveaux rythmes scolaires ne changeront plus à Rennes.
Mis en place à la rentrée 2013, les nouveaux rythmes scolaires ne changeront plus à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Initiation au judo ou à l’origami. A cette rentrée, beaucoup de familles devront ouvrir leur porte-monnaie pour offrir à leurs enfants ces activités périscolaires proposées dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Un rapport d’étape diffusé en juin par le ministère de l’Education indiquait que la moitié des communes demandaient déjà une aide financière aux parents. Une tendance qui devrait encore s’accentuer à cette rentrée, comme le souligne Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU : « Les activités périscolaires ne seront plus gratuites dans certaines communes ou vont parfois augmenter dans celles qui demandaient déjà une participation aux familles », indique-t-il. Même constat à la première fédération des parents d’élèves, la FCPE, qui enregistre déjà des appels de parents mécontents à l’idée de débourser encore plus.

Des exemples qui proviennent des quatre coins de la France. Ainsi à Carrières-sur-Seine (Yvelines) et Aix en Provence, une hausse tarifaire est prévue à la rentée. Idem à Clamart (Val-de-Marne) où le maire a fait voter lors du Conseil municipal du 9 juillet 2015 une hausse des tarifs périscolaires de 40 %. Les augmentations sont parfois astronomiques comme à Pézenas, dans l’Hérault, où le coût des activités périscolaires explose de 257 %, en passant de 70 centimes à 2,50 euros.

Rythmes scolaires : Après la mise en place… bientôt l’évaluation

Les finances des communes font grise mine

Et à Alfortville, alors que les activités périscolaires étaient jusqu’alors gratuites, elles vont être désormais facturées entre 0,4 € et 2 € la séance. Idem à Antilles (Var), où la mairie va réclamer entre 0,6 et 0,9 euro de l’heure, aux parents. Une nouvelle qui passe mal chez les parents, qui ont parfois été informés de l’augmentation en toute fin d’année. D’autres auront la mauvaise surprise en septembre.

Pour expliquer ces nouvelles factures, les édiles les justifient par la baisse de dotations de l’Etat cette année, qui a fortement impacté les finances locales. « Certes, les aides de l’Etat aux communes qui organisent des activités périscolaires dans le cadre de la réforme ont été pérennisées, mais elles ne permettent pas de financer toutes les dépenses », explique un porte-parole de l’association des maires de France à 20 minutes. Le montant de ces aides s’élève à 50 euros par an et par élève et atteint 90 euros par élèves pour les communes les plus en diffucultés. Quelque 7.000 communes auraient déjà demandé au ministère de l’Education nationale d’en bénéficier et d’autres devraient suivre.

Des inégalités en augmentation

Au final, le fait que ces activités périscolaires soient payantes dans certaines communes risque de porter un nouveau coup à la déjà très contestée réforme des rythmes scolaires. « Le fait que la gratuité soit écornée va renforcer les inégalités entre communes, sachant que les activités proposées étaient déjà de qualité très diverse selon les villes », souligne Sébastien Sihr. Et alors que la réforme visait à offrir une initiation aux sports et aux loisirs au plus grand nombre, certains enfants en seront au final exclus. « Certaines familles qui sont contraintes à faire des arbitrages budgétaires risquent de ne pas inscrire leurs enfants aux activités périscolaires », ajoute le syndicaliste.