Repas végétariens: Est-ce une bonne idée nutritionnelle?

EDUCATION Après les récentes polémiques à propos des repas de substitution dans les cantines, des députés appellent à proposer dans toutes les écoles un menu végétarien…

Hélène Sergent
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La cantine scolaire de l'école Moulin à Vent de Vénissieux, le 18 décembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
La cantine scolaire de l'école Moulin à Vent de Vénissieux, le 18 décembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Pour endiguer les polémiques lancées à propos des repas de substitution dans les cantines, le député UDI Yves Jégo a décidé, vendredi 14 août, de déposer un projet de loi visant à généraliser les menus végétariens dans les établissements scolaires. Soutenu par une poignée d’élus, le projet inquiète certains parents et divise les nutritionnistes.

Existe-t-il des risques de carences ?

Pour Patrick Tounian, pédiatre nutritionniste, le risque est réel : « Les enfants ont besoin de manger beaucoup de viande et, de 3 à 18 ans, je préconise d’en manger à tous les repas. Ne pas en proposer comporte un aspect délétère ». Le projet de loi ne vise cependant en aucun cas à supprimer la viande, mais permettrait de proposer aux enfants qui ne souhaitent pas en manger, pour des raisons médicales, éthiques ou religieuses, une solution alternative.

Or selon le médecin, les carences en fer liées à une trop faible absorption de viande sont réelles : « Le problème du fer que l’on trouve dans certains légumes comme les épinards ou les lentilles réside dans son faible taux d’absorption. Le végétarisme n’est pas destiné à l’enfant et il faut le combattre ». Une position tranchée que ne partagent pas certains de ses confrères.

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Des menus stricts et contrôlés

La composition des menus du midi en collectivité sont soigneusement élaborés et contrôlés lors de commissions rassemblant les responsables d’établissements scolaires, des diététiciennes, des parents ou encore des élus locaux en charge de la restauration. « Les recommandations nutritionnelles du Programme national nutrition santé (PNNS) sont scrupuleusement étudiées », rassure Florence Foucault, médecin nutritionniste.

Si elle reconnaît que les protéines animales sont de meilleure qualité que les protéines végétales, elle assure que ces protéines peuvent se retrouver dans d’autres aliments que la viande : « On peut tout à fait imaginer un menu à base d’œuf, qui contient ces protéines, avec des féculents et des légumineuses riches en fer. Et la vitamine C, contenue dans des crudités, améliore le taux d’absorption du fer ».

La pétition lancée le 14 août par Yves Jégo à l’adresse des parlementaires et visant à rendre obligatoire une alternative végétarienne a d’ores et déjà été signée par près de 59.000 personnes.