Le Foll: Bigard achètera autant de porcs que d'habitude cette semaine et au prix revalorisé

VIANDE Le ministre a déclaré que le leader français de la viande s'était engagé à payer au prix demandé par les éleveurs mais ailleurs que sur le marché de Plérin...

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll lors de la conférence de presse jeudi 13 août 2015.
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll lors de la conférence de presse jeudi 13 août 2015. — AFP

Le leader français de la viande Bigard achètera autant de porcs que d'habitude cette semaine, au prix revalorisé demandé par les éleveurs, mais ailleurs que sur le marché au cadran de Plérin, a affirmé jeudi le ministre de l'Agriculture. «M. Bigard m'a dit qu'il ne souhait pas participer au marché au cadran (...) mais qu'il s'engageait à poursuivre ses achats à la hauteur de ce qu'ils étaient la semaine dernière, c'est-à-dire 90.000 porcs» pour l'ensemble de ses achats en France, a déclaré Stéphane Le Foll lors d'une conférence de presse.

Les porcs seront achetés ailleurs qu'à Plérin

Ces achats se feront sur la base du prix fixé la semaine dernière au marché de Plérin, à 1,40 euro par kilo, c'est-à-dire l'objectif fixé par la filière porcine lors de négociations sous l'égide du gouvernement en juin. Les porcs habituellement achetés par Bigard à Plérin seront achetés dans d'autres endroits. En boycottant le marché au cadran tout en maintenant ses achats par ailleurs, «M. Bigard veut signifier que ce niveau de prix n'est pas tenable pour lui et pour son entreprise», a expliqué le ministre, tout en regrettant que la cotation n'ait pas pu avoir lieu jeudi matin à Plérin.

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Le ministre a souligné qu'il ne disposait d'aucun levier juridique pour forcer la cotation à reprendre sur le marché de Plérin, car il s'agit d'une association type loi 1901 où seuls les adhérents sont habilités à prendre les décisions. S'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, il peut y avoir une procédure de conciliation paritaire, et en dernier recours une décision du tribunal de commerce, a expliqué le ministre.

La Cooperl a expliqué par ailleurs qu'elle continuerait d'acheter comme chaque semaine 100.000 porcs à ses propres adhérents éleveurs (au prix de 1,40 euro), tout en renonçant aux 10.000 qu'elle acquiert d'habitude à Plérin. La coopérative est «dans une situation difficile avec beaucoup de stockage de porcs dans ses frigos», a expliqué Stéphane Le Foll.

Un conseil européen le 7 septembre

Le ministre a souligné qu'il était impossible à la France de financer seule un stockage d'urgence, réclamé par les éleveurs pour l'instant contraints de nourrir leurs cochons invendus, et de supporter le coût imprévu de leur alimentation. Cette décision «ne peut se faire que dans le cadre d'un conseil formel» au niveau européen, comme celui convoqué le 7 septembre à la demande de la France.

Bigard et la coopérative Cooperl, qui achètent un tiers des volumes à Plérin, ont de nouveau refusé de participer au marché jeudi, estimant que le niveau de prix ne leur permet pas d'être compétitif face à la concurrence européenne.