Sécurité routière: Le nombre de morts sur les routes en hausse de 19% en juillet

ACCIDENTS L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière vient d'annoncer une hausse impressionnante des morts sur les routes...

O. G. avec AFP

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Quatre personnes sont décédées, dont trois d'une même famille, et une autre est blessée après un accident de la route près de Vauciennes (Marne), le 9 août 2015 au matin
Quatre personnes sont décédées, dont trois d'une même famille, et une autre est blessée après un accident de la route près de Vauciennes (Marne), le 9 août 2015 au matin — FRANCOIS NASCIMBENI AFP

Un chiffre qui ne va pas arranger le gouvernement. Le nombre de morts sur les routes de France a augmenté de 19,2% en juillet par rapport à juillet 2014, a annoncé vendredi l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière.

>> Sécurité routière: Un rapport pointe le «manque de volonté» de l'Etat

360 personnes morts sur les routes

Un total de 360 personnes ont trouvé la mort le mois dernier, soit 58 de plus que l'an dernier à la même époque.

Critiques contre le gouvernement

Cette augmentation poursuit la tendance macabre enregistrée au premier semestre 2015 (1.558 morts, +0,8% par rapport au premier semestre 2014), dans la foulée d'une année 2014 qui avait déjà vu le nombre de morts sur les routes repartir à la hausse pour la première fois en douze ans (3.384 morts, +3,5%). Depuis plusieurs mois, ces mauvais chiffres suscitent de virulentes critiques contre le gouvernement, notamment de la part des partisans d'une baisse de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires. Une telle mesure permettrait de sauver près de 400 vies, estiment des associations qui déplorent le «manque de courage politique» du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a préféré pour l'instant l'expérimenter sur trois axes accidentogènes.

Après un tollé provoqué fin juillet par le projet de loi sur «la Justice au XXIe siècle» proposant de supprimer le délit de conduite sans permis ou assurance pour une première infraction, les critiques ont redoublé dimanche avec la révélation par le JDD d'un rapport de l'Inspection générale de l'administration de juillet 2014. Les inspecteurs y pointaient notamment une «gouvernance affaiblie» et un manque d'interministérialité dans la politique de sécurité routière, jugeant que «rien ne remplace l'impulsion politique au plus haut niveau de l'Etat».

Après ce bilan assez déplorable, Maître Jéhanne Collard, avocat des victimes de la route, a critiqué à nouveau le manque de volonté des politique et appelé à une réaction de l'opinion publique: «Le relachement des comportements des automobilistes depuis un an, la cacophonie de la communication gouvernementale sur la dépénalisation de la conduite sans permis, laissaient redouter de mauvais chiffres. Mais cette fois-ci, l'augmentation du nombre de victimes est terrifiante. Je suis désespérée par cette situation. Le gouvernement se contente de paroles, les partis politiques semblent tétanisés par des échéances électorales et sur les routes le carnage continue. Je voudrais en appeler à  une réaction forte de la société civile.»

26 mesures pour limiter la mortalité

Pour tenter d'enrayer la hausse inédite de 2014, Bernard Cazeneuve a annoncé en janvier une série de 26 mesures, dont 19 sont déjà en vigueur, parmi lesquelles l'interdiction des kits mains libres et oreillettes au volant, la baisse du taux d'alcoolémie à 0,2g/l pour les conducteurs novices, la modernisation du parc des 4.200 radars et le déploiement de radars «double face». Ces mesures «étaient une prise en compte des préconisations du rapport», s'est défendu lundi le ministre, tout en admettant qu'«il faut approfondir la logique interministérielle».

Le Premier ministre Manuel Valls a d'ailleurs annoncé la tenue «à la sortie de l'été» d'un comité interministériel de sécurité routière (CISR), qui ne s'est plus réuni depuis mai 2011.

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