Prix du porc: La Cooperl va boycotter à nouveau le marché breton

ALIMENTATION La Cooperl avait déjà refusé de se présenter à la séance de cotation de lundi, protestant contre un prix du porc qu'elle juge trop cher...

L.C. avec AFP

— 

Des porcs dans un élevage à  Ploneour-Lanvern (Finistère), le 11 août 2015.
Des porcs dans un élevage à Ploneour-Lanvern (Finistère), le 11 août 2015. — FRED TANNEAU / AFP

Le bras de fer entre les industriels du porc et les éleveurs est loin d’être terminé. Malgré le rappel à l’ordre du gouvernement, la Cooperl, numéro du porc en France, a prévu de boycotter à nouveau le marché breton jeudi.

Le président de la Cooperl, Patrice Drillet a annoncé ce mercredi que l’entreprise ne serait pas présente à la prochaine séance de cotation au Marché du porc breton (MPB) à Plérin, où s’établit le prix de référence national de cette viande dont le cours est fixé deux fois par semaine, le lundi et le jeudi. « On ne change pas d’idée tous les jours », a déclaré Patrice Drillet, dont la coopérative était déjà absente du marché lundi, jugeant trop cher le prix du porc à 1,40 euro le kilo, fixé avec le gouvernement à la mi-juin.

Cinq questions pour tout comprendre à la crise du porc

Guerre des prix

La Cooperl a déjà boudé le MPB lundi, à l’instar de Bigard/Socopa. Ces sociétés sont les deux plus gros acheteurs de porcs français. En leur absence, aucune cotation n’a eu lieu lundi au MPB.

Bigard, numéro un de la viande en France, qui n’avait pas non plus participé à ce marché lundi, entraînant la suspension de la cotation, contacté ce mercredi par l’AFP, a indiqué qu’il ne souhaitait pas communiquer.

La Cooperl et Bigard/Socopa estiment que le prix de 1,40 euro le kilo, convenu en juin dernier lors d’un accord avec le gouvernement censé apaiser la crise des éleveurs, est trop élevé, et intenable vis-à-vis de la concurrence européenne.

«La coopérative augmente ses pertes» en achetant au MPB

«Avec le prix d'1,40 euro exigé par l'État français, 0,28 euro séparent aujourd'hui le cours français du cours allemand, 0,38 euro du cours hollandais», a expliqué la Cooperl dans un communiqué diffusé mercredi matin. «Aujourd'hui, la coopérative augmente ses pertes à chaque fois qu'elle achète au MPB». «On ne peut pas supporter 30 centimes d'écart avec le marché européen, sans soutien du marché de la part de l'Europe», a commenté Patrice Drillet lors de son entretien avec l'AFP. «On réclame des outils de gestion en cas de crise pour lutter contre le différentiel» entre les prix, a-t-il ajouté, soulignant qu'il avait eu un échange mardi avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à qui il a annoncé sa décision de ne pas participer au marché breton, jeudi.

«On est conscients que ça pose des problèmes, mais on est surtout conscients que si on ne fait rien, c'est la filière entière qui s'expose à une paupérisation dans les mois qui viennent», a dit Patrice Drillet.

«Chaque semaine, la coopérative (Cooperl), achète et abat 110.000 porcs: 100.000 proviennent des adhérents de la Cooperl et ceci ne change pas et 10.000 proviennent du marché du porc breton. C'est ce volume marginal qui n'est plus acheté par la coopérative», a réexpliqué la société dans son communiqué mercredi.

Le Premier ministre Manuel Valls a jusqu’à présent minimisé le boycott des deux plus gros acheteurs de porc français. « Le marché du cadran est emblématique mais il ne représente qu’une petite partie des transactions dans ce domaine », a-t-il déclaré mardi.

Hier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll se montrait optimiste quant à l’ouverture du MPB jeudi. « Il y aura un marché », a-t-il affirmé mardi lors d’une conférence de presse.