Groupe de Tarnac: Le parquet de Paris fait appel de l'abandon de la qualification «terroriste»

JUSTICE La juge d'instruction a décidé le 8 août d'abandonner la qualification «terroriste» pour le groupe Tarnac, soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV...

20 Minutes avec AFP
— 
 Les avocats de Julien Coupat et des personnes dans l'affaire des sabotages de lignes TGV, Thierry Levy, (G), Jeremie Assous, (c), William Bourdon, (D) au tribunal de Paris en 2010.
Les avocats de Julien Coupat et des personnes dans l'affaire des sabotages de lignes TGV, Thierry Levy, (G), Jeremie Assous, (c), William Bourdon, (D) au tribunal de Paris en 2010. — NIKO/SIPA

Action terroriste ou non? Le parquet de Paris a annoncé lundi à l'AFP qu'il faisait appel, dans le dossier Tarnac, de l'ordonnance du juge d'instruction qui a décidé de renvoyer en correctionnelle huit militants libertaires, dont Julien Coupat, mais a abandonné la qualification «terroriste».

Pour Julien Coupat, l'affaire est partie d'une «construction policière hilarante»

Huit militants soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV

Le ministère public demandait que la circonstance aggravante d'«entreprise terroriste» soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat et sa compagne, Yildune Lévy. Le dossier des huit membres du groupe Tarnac, soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008, va être examiné par la chambre de l'instruction.

Dans son ordonnance rendue vendredi, Jeanne Duyé, la juge d'instruction antiterroriste en charge de cette affaire, n'avait pas suivi ces réquisitions, renvoyant quatre personnes en correctionnelle, dont Julien Coupat et Yildune Lévy, pour «association de malfaiteurs». «Cette ordonnance était un camouflet difficilement supportable pour le parquet, qui reste dans une logique qui n'a rien de juridique, mais qui est une logique d'entêtement idéologique», ont réagi Marie Dosé et William Bourdon, avocats des prévenus.

Vive polémique

Cette affaire avait suscité une vive polémique. Le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avaient été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste. Julien Coupat, 41 ans, et Yildune Lévy, 31 ans, ont reconnu leur présence dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 à Dhuisy (Seine-et-Marne) aux abords de la voie ferrée où passe le TGV Est, mais ont toujours nié avoir participé à la pose d'un fer à béton, retrouvé plus tard sur la caténaire. 

Tordu en forme de crochet, il avait causé d'importants dégâts matériels au premier TGV du matin, et fortement perturbé le trafic. Outre les faits de Dhuisy, le parquet imputait à Julien Coupat, qui a effectué un peu plus de six mois de détention provisoire jusqu'en mai 2009, une participation à un autre sabotage du TGV Est, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008 à Vigny (Moselle). La juge d'instruction a rendu un non-lieu dans ce volet de l'affaire, mais le parquet a fait appel. Le dossier Tarnac est désormais renvoyé devant la chambre de l'instruction.