Sécurité routière: Un rapport pointe le «manque de volonté» de l'Etat

TRANSPORTS Au cours des six premiers mois de l'année 2015, 1.558 personnes ont été tuées dans des accidents de la route...

L.C.

— 

Illustration d'accident de la route.
Illustration d'accident de la route. — GILE MICHEL/SIPA

Un rapport accablant pointe les manquements de l’Etat en matière de sécurité routière. Tandis que la mortalité sur les routes est de nouveau en hausse (+3,7 % en 2014), le Journal du dimanche a dévoilé dimanche un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) qui dénonce le « manque de volonté politique ».

Ce rapport, commandé début 2014 Manuel Valls, est resté confidentiel avant d’être en partie dévoilé par le JDD, qui s’est procuré une copie du document.

Manque de concertation entre les ministères

La politique de sécurité routière pâtit d’un manque de coordination des différents acteurs concernés. L’IGA se désole que la lutte contre la mortalité routière ne fasse pas davantage l’objet d’un travail d’équipe entre les ministères. « Le pilotage au plan central de la politique de sécurité routière n’est pas suffisamment perçu. Le dispositif est dispersé entre de très nombreux acteurs y compris au sein de l’État. Lorsque le pilotage ne se situe pas au plus haut niveau de l’État, la responsabilité est diluée. […] Rien ne remplace toutefois l’impulsion politique au plus haut niveau de l’État », détaille le document.

En outre, l’IGA déplore « l’absence de comité interministériel de la sécurité routière depuis trois ans », un dispositif qui avait fait ses preuves selon le JDD.

« La gouvernance s’est affaiblie »

Résultat, selon l’auteur du rapport, « la gouvernance de cette politique s’est affaiblie ces dernières années : éclatement des responsabilités relevant du véhicule, des infrastructures et du comportement auparavant réunis dans une même direction, éloignement du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, suivi insuffisant des politiques locales déconcentrées ou décentralisées ».

« Au regard des résultats de nos voisins, des progrès sont encore possibles », ajoute le rapport.

Le rapport pointe la responsabilité du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, en charge de ce dossier, mais aussi de la ministre de la Santé Marisol Touraine et la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.

Mortalité routière en hausse 

Alors que le gouvernement a envisagé de supprimer le délit de conduite sans permis, les accidents mortels sont en hausse depuis le début de l’année 2015. Au cours des six premiers mois de l’année 2015, 1.558 personnes ont été tuées sur les routes, selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, soit 12 victimes de plus que pour la même péiode en 2014 (+0,8 %).