Agriculteurs: Pourquoi ils continuent de manifester

CRISE Les uns ont bloqué ce matin le siège social d'une grande enseigne de la distribution dans la Loire, les autres ont organisé un barrage filtrant dans les Pyrénées-Orientales...

Jane Hitchcock

— 

Dominique Barrau, numéro deux de la FNSEA, premier syndicat agricole du pays.
Dominique Barrau, numéro deux de la FNSEA, premier syndicat agricole du pays. — JOSE TORRES / AFP

Ce vendredi, des agriculteurs ont bloqué les accès du siège social du groupe Casino à Saint-Etienne, dans la Loire. D’autres, dans les Pyrénées-Orientales, ont formé un barrage après le col de Puymorens avec un seul mot d’ordre : « Laissez-nous travailler et produire français ». Une manifestation dans le Sud-Ouest, à Rodez, et aux accès à la principauté d’Andorre, s’est soldée par une altercation avec un grossiste en viande…

En plein été, l’Etat avait pourtant annoncé un plan d’aide d’urgence, à l’issue d’une mobilisation spectaculaire, le 22 juillet. Les 600 millions d’euros promis et la restructuration des dettes des éleveurs en situation de difficulté n’ont manifestement pas suffi à calmer… Explications.

Le plan d’urgence du gouvernement jugé « insuffisant »
A l’issue d’une série de réunions d’urgence et d’accords survenus fin juillet pour relever le prix du bœuf, du porc et du lait, les annonces du gouvernement ont été jugées « insuffisantes ». Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé que « les annonces répondent à court terme à quelques urgences mais ce ne sont pas des perspectives durables ». C’est toujours le discours de la fédération. Dominique Barrau, le numéro deux de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats exploitants agricoles), assure que « ce plan ne représente aucun remède à la crise. Le gouvernement doit revoir sa copie ».

Des enseignes soupçonnées de ne pas respecter leurs engagements
Pourquoi le siège social de Casino a-t-il été pris pour cible ce vendredi ? Les manifestants reprochent à cette grande enseigne de ne pas respecter ses engagements. « Casino s’était engagé à revaloriser ses achats. Et puis la semaine dernière, le groupe a distribué des publicités garnies de viandes de tous les pays de la communauté !, s’indigne le numéro deux de la FNSEA. Toutes nos actions mettent en lumière nos deux problématiques que sont l’urgence de refaire du prix et la transparence, la traçabilité des produits. » Dominique Barrau explique que le barrage aux accès d’Andorre « n’a pas pour but d’empêcher les échanges aux frontières mais l’objectif de dénoncer le fait que, sous les étiquettes nationales, régionales ou locales, le consommateur peut se retrouver avec de la viande en provenance de n’importe où ! »

La mobilisation va-t-elle durer ?
Sur le site de la FNSEA, les agriculteurs promettent : « Nous sommes en surveillance active afin d’identifier les acteurs qui ne tiennent pas leurs engagements de remontée de prix ». Et Dominique Barrau assure que cela ne va pas cesser de suite : « Ce suivi va continuer département par département. Il nous appelle à une action à la rentrée, c’est évident. »