Vol d'explosifs de Miramas: Plan d'urgence de l'armée pour protéger des sites de munitions

PROTECTION Début juillet, plus de 150 détonateurs, pains de plastic et  grenades avaient été volés...

20 Minutes avec AFP

— 

Entre 150 et 180 détonateurs et une dizaine de pains de plastic auraient été dérobés sur le site de Miramas entre le 3 et le 6 juillet dernier.
Entre 150 et 180 détonateurs et une dizaine de pains de plastic auraient été dérobés sur le site de Miramas entre le 3 et le 6 juillet dernier. — LILIAN AUFFRET/SIPA

Après l’enquête, la décision est tombée : il faut renforcer la sécurité des sites militaires, après le vol d’un arsenal sur la base de Miramas (Bouches-du-Rhône), début juillet. L’armée a annoncé ce jeudi qu’elle engageait un plan d’urgence pour sécuriser les sites où sont stockées les munitions.

Après une enquête interne à Miramas et un audit de sécurité des sites de munitions, « un plan d’urgence a été élaboré et validé par le ministre », a-t-il annoncé. Ce plan comprend des mesures immédiates (déploiement d’une centaine de militaires supplémentaires, videosurveillance..) et des mesures pérennes de reconstruction de magazine de stockage, a précisé l’entourage de Jean-Yves Le Drian.

Début en 2016

Ce plan comprend des mesures immédiates (déploiement d’une centaine de militaires supplémentaires, mise en place de vidéosurveillance..) sur l’ensemble des dépôts et des « mesures pérennes de reconstruction de magasins de stockage ».

La reconstruction commencera en 2016 et coûtera 60 millions d’euros pour cette seule année. Les mesures immédiates porteront sur la réparation de clôtures, de serrures de magasins et l’installation de vidéosurveillance sur les sites les plus vulnérables.

Le ministère a par ailleurs engagé une évaluation plus globale de la protection de l’ensemble de ses installations militaires au vu des nouvelles menaces terroristes.

Sa nouvelle direction de Protection des Installations, Moyens et Activités de la Défense (DPID) proposera en septembre des recommandations en vu de l’adoption d’un plan qui doit entrer en vigueur dès 2016, a-t-on précisé dans l’entourage du ministre.

Un coût de « plusieurs centaines de millions d’euros »

Au moins 150 détonateurs et des pains de plastic ont été volés à Miramas dans la nuit du 6 au 7 juillet. Selon une source proche de l’enquête, les malfaiteurs ont pénétré dans l’enceinte du vaste site militaire après avoir découpé des grillages qui l’entourent. « Le constat est accablant à Miramas », a-t-on souligné dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian en évoquant un « coktail de responsabilités individuelles et une organisation collective largement perfectible ».

Le chef du centre de munitions ne savait ainsi pas à qui s’adresser, dans une « chaîne de décisions » parfois complexe, pour faire réparer un trou dans le grillage, a-t-on noté.

Les chiens de garde étaient du coup attachés et non en liberté de crainte qu’ils ne s’échappent, a-t-on ajouté. Les auteurs du vol ont tailladé le grillage à un autre endroit.

Le chef d’état-major, le général Pierre de Viliers, doit présenter au ministre « les sanctions qu’il propose à l’encontre de ceux qui ont commis des fautes », a-t-on ajouté de même source en parlant de deux à quatre personnes concernées. Au total, le plan de sécurisation de l’ensemble des installations militaires va coûter « plusieurs centaines de millions d’euros » sur trois ans, a-t-on estimé dans l’entourage du ministre.