La tomate coeur de boeuf: Arnaque et botanique

ALIMENTATION Une étude de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers révèle une confusion dans l’étiquetage de ces tomates, une hausse des prix et une qualité moyenne…

H.S.

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Est-ce la météo ou la grande distribution qui est responsable de la hausse des prix des fruits et légumes cet été ? Le succès d'une vente géante tenue par un syndicat agricole a relancé le débat.
Est-ce la météo ou la grande distribution qui est responsable de la hausse des prix des fruits et légumes cet été ? Le succès d'une vente géante tenue par un syndicat agricole a relancé le débat. — Philippe Huguen AFP

Ses boursouflures et sa taille sont parvenues à s’imposer dans les paniers des consommateurs français. L’appellation tomate « cœur de bœuf », « cuor di bue » en italien, serait utilisée à tort et à travers par certains distributeurs, pour mettre en avant des tomates côtelées, à l’apparence semblable, sans saveur et aussi coûteuses. C’est en partie ce que révèle ce 28 juillet l’enquête publiée par l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers.

Des prix en hausse

Comme chaque année, la Clcv passe au crible des produits saisonniers de consommation courante. Cette année, les fraises et les tomates ont été goûtées par des groupes de douze à cinquante consommateurs dans 24 départements. Et comme chaque année, les résultats sont décevants. En 2015, le prix moyen d’un kilo de tomates s’élève à 2,6 euros, soit une augmentation de presque 8 % par rapport à 2014. Les fraises s’apparentent à un produit de luxe puisqu’il faut débourser en moyenne 9,1 euros pour un kilo de fruits un chiffre en gausse de 6 %.

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Ni bonnes, ni mauvaises

Si les fraises semblent convenir à une majorité de panélistes, 53 % d’entre eux se disent satisfaits, l’absence de goût est problématique pour 31 % des répondants. Les tomates en revanche n’ont pas convaincu les consommateurs puisque seuls 38 % seraient satisfaits par les produits dégustés. Autre enseignement notable de l’étude, l’aspect des tomates, rondes, en grappes ou côtelées, n’influe en rien la saveur de ce fruit. Avec 56 % d’avis négatifs sur les fruits vendus en grande distribution, l’association souligne, une fois de plus, qu’il existe « un réel problème de maîtrise de la qualité gustative aux rayons des fruits ».