Heetch: Des interpellations en série après l'affaire UberPop

TRANSPORT Le patron français des transports de particuliers Heetch refuse que l'Etat assimile ses 5.000 conducteurs aux UberPop, interdits. Il dénonce 65 gardes à vue en un mois...

Jane Hitchcock
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Porte Maillot, le 25 juin 2015...
Porte Maillot, le 25 juin 2015... — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les « Heetch » sont-ils des « UberPop » ? La première de ces applications de transports de particuliers fournirait-elle à ses quelque 5.000 conducteurs français une activité illégale de taxi ? « Depuis l’arrêté du 25 juin, interdisant les UberPop, pas moins de 65 de nos chauffeurs ont été placés en garde à vue », déplore Teddy Pellerin, l’un des fondateurs de la marque, pourtant visée par la préfecture de police de Paris, au même titre que la plateforme belge Djump. Si le patron de Heetch « comprend » que son modèle soit assimilé aux UberPop devenus clandestins, il regrette le manque de dialogue avec l’Etat et, surtout, ces interpellations en série, qu’il considère être « de la pure intimidation ».

« La société en elle-même n’est pas poursuivie »

« Mes conducteurs vont être poursuivis en justice, sans doute à la rentrée. Soit pour exercice illégal de la profession de taxi, soit pour transport illégal entre particuliers », une nouvelle infraction posée par la loi de l’ex-ministre Thomas Thévenoud, fin 2014, indique encore le responsable. Ce qu’il risque ? « La société en elle-même n’est pas poursuivie », assure Teddy Pellerin, catégorique. Ses conducteurs, eux, peuvent écoper d’une peine de prison pouvant grimper jusqu’à un an de prison et se voir retirer leur permis. Au parquet de Paris, on confirme : « Des interpellations ont bien eu lieu ces dernières semaines et elles se traduiront par des comparutions devant le tribunal correctionnel ». Quid des responsables de l’entreprise, qui revendique 100.000 utilisateurs actifs ?

Les patrons d’UberPop au tribunal le 30 septembre

Les dirigeants de Heetch en France vont-ils, eux aussi, être placés en garde à vue puis devoir répondre devant des magistrats de pratique commerciale trompeuse, complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, traitement de données informatiques illégal ? Deux patrons d’UberPop sont, eux, renvoyés en correctionnelle le 30 septembre pour ces délits. Il leur est en particulier reproché de mettre en relation des clients avec des particuliers qui utilisent leur véhicule privé pour les transporter sans payer de charges. Teddy Pellerin, qui conteste fermement l’assimilation de Heetch à UberPop, souligne : « Nous, nous sommes dans une mouvance d’économie collaborative, celle-là même que le président Hollande a souhaité promouvoir dans son discours à l’occasion du 14-Juillet ».

La même philosophie que Blablacar, à quelques détails près

L’ancien directeur commercial prône pour Heetch une « ambiance conviviale s’approchant de la plateforme de covoiturage Blablacar », avec qui il dit partager la philosophie. « 80 % des utilisateurs ont de 18 à 25 ans et nos conducteurs sont en moyenne âgés de 25 ans. Notre service, nocturne, est un projet communautaire permettant de se déplacer en ville grâce à des particuliers qui conduisent pour amortir le coût de leur véhicule. C’est tout ! », dit-il. De son côté, la maison-mère américaine d’UberPop a déposé deux plaintes contre la France auprès de la Commission européenne, afin d’obtenir l’annulation de la loi Thévenoud.