«Le Grêlé»: Ce que l'on sait de ce tueur en série

FAITS DIVERS Un ADN, deux portraits-robots, mais rien de plus. Ce suspect, auteur présumé d'un quatrième meurtre, échappe à la police depuis vingt-neuf ans...

J. H.

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Le Grêlé, selon l'un des portraits-robots diffusés par TF1, lors d'un appel à témoins
Le Grêlé, selon l'un des portraits-robots diffusés par TF1, lors d'un appel à témoins — TF1 - YouTube

La police n’a de lui qu’un ADN et des portraits-robots. Son identité reste inconnue. Mais son surnom, « le Grêlé », en référence à la particularité de sa peau marquée par l’acné, tourmente les enquêteurs depuis vingt-neuf ans. Cet homme, que la justice ne parvient pas à retrouver, est soupçonné de six viols et… désormais quatre meurtres, selon une information du Parisien. Qui est-il ?

  • Son mode opératoire

Ce tueur inconnu a une particularité : il se fait parfois passer pour un policier, étouffe ses victimes selon la méthode du garrot espagnol ou des techniques similaires. Et les ligote, au niveau des poignets, des chevilles, avec des ceintures, tressées en lanières, qui passent par le cou. La possible nouvelle victime avérée du serial killer, Karine Leroy, elle a été retrouvée avec un lien, « torsadé avec un bâton derrière la nuque », rapporte Le Parisien. Jeudi, Me Corinne Hermann, qui a exhumé ce dossier avec son associé Me Didier Seban, attendait le résultat des comparaisons d’ADN retrouvées sur cette jeune femme de Meaux avec les autres crimes desquels « le Grêlé » est soupçonné. « Les scellés, préservés, n’avaient pas été analysés dans cette affaire. Nous avons demandé les expertises en juillet 2013, en référençant ce dossier aux affaires de meurtre perpétrées dans la proximité de Meaux. Lorsque le nom du Grêlé est sorti, j’ai trouvé cela étonnant : nous n’avions pas connaissance, à ce moment-là, des crimes qu’il avait pu commettre dans le secteur. Mais compte tenu de son mode opératoire, ce ne serait plus étonnant… »

  • Son physique, si particulier

L’homme au visage si particulier, à l’époque du premier crime qui lui est imputé, a dans les 25-30 ans. Il mesure environ 1,85 mètre, a de larges épaules, des mains considérées épaisses, des cheveux raides et chatains. D’après l’une des personnes qui a permis d’établir l’un des portraits-robots dressés par les enquêteurs, le « prédateur » était athlétique, sûr de lui, poli, et parlait le français sans accent, rapporte Sud-Ouest. Personne n’a pu le retrouver, ni en prison, ni en province, comme supposé. Personne n’a pu non plus le repérer à l’étranger. Est-il mort ? A-t-il cessé de tuer ? A-t-il changé de mode opératoire ? Jamais localisé, le Grêlé est également baptisé « l’insaisissable ».

  • Sa personnalité

« Le Grêlé » est un tueur de sang-froid, poursuit le quotidien régional. En proie au « syndrome de toute-puissance », estime Me Jean-Claude Disses, dans les colonnes du journal. Sa technicité étonne. Son assurance, la maîtrise du jargon policier et le matériel qu’il exhibe aux victimes, comme une (fausse ?) carte de police, une arme de poing, des menottes et un talkie-walkie posent alors une question, embarrassante. Le suspect serait-il réellement policier ? Agent de sécurité ? Des recherches sont effectuées, en vain. L’homme au visage grêlé par l’acné tue « des femmes, des jeunes filles, des hommes… » et il viole. Spécialisée dans les affaires de meurtriers en série et les crimes non résolus, Me Corinne Hermmann propose la comparaison avec « Francis Heaulme », surnommé, lui, le « routard du crime ».