Le CHU de Reims demande la mise sous protection de Vincent Lambert après un projet d’enlèvement

FIN DE VIE L’équipe médicale n’a, en revanche, pas annoncé à sa famille sa décision quant à un arrêt de soins du patient en état végétatif…

Vincent Vantighem

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Le CHU de Reims, en 2003.
Le CHU de Reims, en 2003. — ALAIN JULIEN / AFP

De notre envoyé spécial à Reims (Marne)

Elle a discrètement essuyé une larme en franchissant les portes battantes de l’hôpital Sébastopol de Reims (Marne). « Nous sommes soulagés », a immédiatement réagi Viviane Lambert, la mère de Vincent. Contrairement à ce qui était annoncé, l’équipe médicale n’a pas informé, ce jeudi, la famille du patient en état végétatif de sa décision d’arrêter, ou pas, les traitements qui le maintiennent en vie.

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Le docteur Daniéla Simon -à la tête de l’équipe médicale- a indiqué aux proches de Vincent Lambert qu’elle avait sollicité le procureur de la République de Reims afin que son patient soit placé sous protection. Elle a formulé la même demande pour son équipe médicale, visiblement victime de menaces. « Elle nous a parlé d’un projet d’enlèvement de Vincent, résume Pierre Lambert, son père. Mais quand nous l’avons interrogée, le docteur Simon n’a pas voulu en dire plus… »

« C’est donc bien qu’il est vivant ! »

Alors qu’ils s’attendaient à ce que le CHU de Reims leur annonce son intention d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de cet homme de 38 ans, victime d’un accident de la route en 2008, ses parents ont donc été soulagés. Ils ont même fait de cette annonce surprise un nouvel argument.

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« On demande la protection de Vincent. C’est donc bien qu’il est vivant !, martèle sa mère qui se bat pour qu’il soit maintenu en vie. La meilleure façon de le protéger serait encore de le transférer dans un centre de soins adaptés, comme nous le réclamons depuis des semaines. »

Selon l’un de ses demi-frères, favorable lui aussi à son maintien en vie, six établissements en France auraient déjà donné leur accord pour accueillir le patient, au cœur d’un conflit familial inextricable.

Le lobby catholique intégriste visé

Mobilisé pour qu’on « laisse partir Vincent », François, son neveu, est apparu, lui, très affecté par cette réunion avec l’équipe médicale. « Le docteur Simon a clairement évoqué des risques d’enlèvement et de menaces physiques. Elles émanent d’un lobby que l’on connaît très bien. On vit dans un territoire occupé par l’intégrisme catholique ! »

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Selon lui, les parents de Vincent Lambert et les individus qui les soutiennent viennent régulièrement rendre visite à Vincent à l’hôpital Sébastopol et n’hésitent pas à faire part de pressions. « Leur message, c’est ‘’Vous pouvez toucher à Vincent, mais c’est à vos risques et périls’’, assure François Lambert. L’équipe médicale en souffre et le docteur Simon a donc cédé à ces pressions. »

Ce jeudi, une cinquantaine de personnes sont venues à Reims soutenir les parents dans leur combat pour maintenir leur fils en vie. Affublés d’un tee-shirt à l’effigie de Vincent Lambert, ils les ont longuement applaudis à leur arrivée et à la sortie de l’hôpital.

Le procureur de la République de Reims pourrait donc désormais nommer une personne référente et indépendante chargée de protéger Vincent Lambert.