Fatigués de Tinder et Adopte un mec? Mettez-vous au group dating (4/5)

SERIE DE L'ETE «20 Minutes» vous propose cette semaine une série d’articles sur les rencontres en ligne... 

Nicolas Beunaiche

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Capture d'écran de la page d'accueil du site Actimeety.
Capture d'écran de la page d'accueil du site Actimeety. — ACTIMEETY

Sur Internet, il n’y a désormais plus guère que les amateurs de tir à l’arc et les éleveurs de hérissons qui n’ont pas de site de rencontres dédié. De Lusomeet, pour les hommes et femmes d’origine portugaise, à Animoflirt, réservé aux propriétaires d’un animal de compagnie, en passant par Ashley Madison, pour les célibataires qui ne le sont pas vraiment, les plateformes se sont multipliées et spécialisées depuis le lancement de Match, il y a vingt ans. Derrière les géants Tinder et Adopte un mec, 2.000 sites se partageraient aujourd’hui le (super)marché des célibataires en France. Et pourtant, un type de sites faisait jusque-là défaut : ceux permettant à coup sûr de faire de nombreuses rencontres.

(1/5) Il y a 20 ans, Match.com lançait l’ère des sites de rencontre

(2/5) Dans les coulisses de Happn, l’appli française rivale de Tinder 

(3/5) «Modern Romance», le best-seller qui vous dit pourquoi vous n'avez pas trouvé l'amour 

(5/5) Sites de rencontre: Plus de raisons d’avoir honte, vraiment?

Tinder et les autres en prennent pour leur grade

Pour tenir cette promesse, de nouvelles plateformes misent sur un concept venu du Japon baptisé group dating et rappelant le modèle d’onvasortir.com. Fini la frustration des longues heures sur le Net, parfois pour rien ; avec ces sites, il suffit de s’inscrire pour participer à des événements réservés à une poignée de célibataires (de quatre à plusieurs dizaines) bien sous tout rapport. Ils s’appellent Smeeters, Actimeety ou Meetusss, se nomment social club, agence de rencontres ou cercle privé, et ils entendent bien conquérir les cœurs. Quitte à tirer dans les pattes des autres prétendants.

« Sur les sites classiques, la photo compte plus que n’importe quoi d’autre », regrette ainsi Sylvain Derouet, qui a lancé Apérocélib à Paris en février, après un essai à Tours. « Et moi, par exemple, je suis chauve… précise-t-il. Sur une trentaine de mails envoyés, je ne recevais en moyenne que trois ou quatre réponses. » Sans compter que selon lui, « l’échange virtuel fausse la rencontre : on idéalise la personne, on la fantasme et à l’arrivée, on est très souvent déçu ». Surtout quand « on tombe sur un homme ou une femme marié(e), quelqu’un qui a posté une photo vieille de cinq ans ou qui a tout simplement menti sur son âge », ajoute Fabrice Allion, dont l’Agence Revolver a été lancée en janvier.

« Nous ne voulons pas traiter les gens comme du bétail »

Sur leurs sites comme sur ceux de leurs concurrents, il n’y a tout simplement ni profils, ni boîtes mail. A chaque fois, les entremetteurs se chargent de sélectionner – certains n’hésitent pas à refuser des inscriptions — les hommes et femmes invitées à se rencontrer. « A l’inverse des plateformes bien connues, nous ne voulons pas traiter les gens comme du bétail », tacle Willy Kiezer, président d’Actimeety, un « social club » mis en ligne en janvier. A l’instar de Smeeters et Meetusss, il propose des rencontres entre deux groupes d’amis ; d’autres sites, à l’image de Revolver et d’Apérocélib, organisent quant à eux des événements entre célibataires ne se connaissant pas forcément avant le jour J. Dîners, apéros, pique-niques, ateliers cuisine, soirées dansantes, shootings photo… Les options ne manquent pas.

« L’avantage, c’est qu’on évite les situations gênantes, comme les rendez-vous qui donnent envie de prendre ses jambes à son cou au bout de cinq minutes », décrit Yannick, 50 ans, qui s’est inscrit à Revolver après un divorce et des tentatives malheureuses sur Meetic et Attractive World. « Dans tous les cas, vous passez une bonne soirée », se réjouit-il. « Les événements sont toujours bien organisés et rassemblent des gens qui recherchent une relation durable », ajoute Sandrine, 37 ans, qui s’est inscrite à la même agence, déçue de son expérience sur Happn.

Cœur brisés, cœurs à prendre

Le coût, lui, est variable. Si Revolver propose des abonnements gratuits et payants, le plus onéreux -1.000 euros par an tout de même- permettant de faire des rencontres individuelles, la plupart des sites facturent leurs utilisateurs à l’événement (de quelques euros à 50, pour un cours de cuisine via Actimeety). Un coût raisonnable, si l’on considère que les possibilités de belles rencontres sont démultipliées. Il n’a ainsi fallu à Vadim, 28 ans, que deux soirées et huit euros pour rencontrer celle avec qui il est en couple depuis mars. « Et en plus, j’ai rencontré des gens avec qui je suis toujours en contact », précise-t-il. Quant à Revolver, l’agence s’apprête déjà à célébrer, en décembre, la naissance d’un premier bébé, quelques mois seulement près sa création.

Du côté de Tinder et Adopte un mec, pas sûr toutefois que la nouvelle émeuve grand monde. Car la rencontre de groupes reste encore un phénomène marginal. Alors qu’Adopte et Meetic attirent chaque mois plus d’un million de Français, le pionnier du group dating Smeeters avance, lui, le chiffre de plusieurs milliers de rencontres mensuelles. Les petits nouveaux du secteur, Actimeety, Meetusss, Apérocélib et Revolver, revendiquent, eux, respectivement 2.000, 800, 600 et 140 inscrits. Mais ils veulent croire que le temps joue pour eux : après tout, chaque cœur brisé par Meetic ou Tinder est un nouveau cœur à prendre.