Crise des agriculteurs: Stéphane Le Foll défend le plan gouvernemental dans «Libération»

POLITIQUE Le gouvernement a débloqué mercredi plus de 600 millions d’euros pour son plan d’urgence en faveur des éleveurs français en difficulté, qui ne le ssatisfait toujours pas...

B.D. avec AFP
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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll annonce un plan d'aide aux éleveurs, à l'Elysée à Paris le 22 juillet 2015
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll annonce un plan d'aide aux éleveurs, à l'Elysée à Paris le 22 juillet 2015 — Jacques Brinon POOL

L'exécutif au charbon. Alors que François Hollande est attendu ce jeudi matin à Dijon, et que Manuel Valls doit s'exprimer sur RTL, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll défend lui dans Libération le plan gouvernemental d’aide aux éleveurs, qui n’est pas parvenu à faire cesser les mouvements de protestation et a subi les tirs nourris de l’opposition.

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A propos des critiques sur l’absence de mesures structurelles proposées par le gouvernement pour cette filière, Stéphane Le Foll assure dans un entretien au quotidien qu'« il y a longtemps qu’on a posé les bases pour des réformes en profondeur ». « Il y a deux stratégies parallèles : gérer le court terme et penser le moyen et le long terme », assure-t-il. « Par exemple, un système d’assurance pour toutes les filières sera mis en œuvre en septembre pour permettre des compensations de revenus en cas d’aléas climatiques majeurs », détaille le ministre

« Il faut une stratégie structurante »

Concernant la lutte contre la volatilité des cours, « la France a été le premier pays à limiter, dans le cadre de la loi bancaire, les positions sur les produits agricoles et agroalimentaires », souligne Stéphane Le Foll. « Je suis d’accord avec ceux qui disent qu’il ne suffit pas de mettre de l’argent dans la filière, il faut une stratégie structurante », affirme-t-il ensuite.

Interrogé sur son refus de désigner les responsables de la stagnation des prix, il explique : « Mon objectif, c’est de faire remonter les prix. Taper sur l’un ou sur l’autre réduirait ma capacité de mobiliser tout le monde vers notre objectif commun. » Il assure qu’il est possible de changer de modèle d’élevage. « D’ailleurs, cela commence à bouger. Des responsables du secteur porcin reconnaissent qu’il faut faire évoluer le modèle tel qu’on le connaît en Bretagne », note-t-il.

Enfin sur les critiques de l’opposition, il rétorque que la droite « dormait pendant qu’on prenait les premières mesures » et assure qu'« aujourd’hui on paie » le plan de soutien à l’agriculture que le gouvernement Fillon avait mis en place en 2009. Le gouvernement a débloqué mercredi plus de 600 millions d’euros pour son plan d’urgence en faveur des éleveurs français en difficulté. Mais les mesures annoncées ont suscité des réactions en demi-teinte sur le terrain où de nombreux blocages persistent sur les routes, les actions de protestation s’étant même propagées mercredi, notamment à Lyon, dans les Hautes-Pyrénées, en Corrèze ou encore en Bourgogne où le chef de l’Etat est attendu jeudi.