Crise des éleveurs: Pour Sarkozy, le plan d'urgence «n'est pas à la hauteur»

POLITIQUE L’ex-président estime que le plan d’urgence présenté par le gouvernement n’est pas à la hauteur de la crise de l’agriculture française…

A.B. avec AFP

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L'ancien président Nicolas Sarkozy en meeting à Nice le 19 juillet 2015
L'ancien président Nicolas Sarkozy en meeting à Nice le 19 juillet 2015 — VALERY HACHE AFP

L’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a estimé mercredi que le plan d’urgence présenté par le gouvernement n’était « pas à la hauteur de la crise de l’agriculture française ».

« Il ne répond pas au déficit de compétitivité à relever »

« Le plan d’urgence présenté ce matin par le Premier ministre, n’est pas à la hauteur de la crise de l’agriculture française car il ne répond pas au déficit de compétitivité à relever. Le catalogue de 24 mesures ne porte pas cette ambition » assure Nicolas Sarkozy, qui a eu Xavier Beulin, président de la FNSEA, premier syndicat agricole du pays, au téléphone mercredi après-midi.

« L’urgence est d’agir sur les prix. Il faut donc se donner les moyens pour faire respecter les accords pris avec la distribution et l’ensemble de la filière », d’après lui.

Il juge aussi « indispensable d’offrir de nouvelles facilités de trésorerie pour les exploitations les plus en difficulté et une restructuration des dettes pour les récents investisseurs, notamment les jeunes ».

« Le gouvernement doit enfin redonner une perspective ambitieuse de développement pour nos éleveurs, en revenant sur ses décisions malvenues prises dès 2012 qui ont fragilisé la filière. L’abandon des primes pour l’engraissement et des accords de filière que nous avions mis en place en 2011 avec Bruno Le Maire ont été une erreur. Il faut également que le ministre de l’Agriculture dise la vérité sur la mise en œuvre de la nouvelle PAC. A ce jour, les éleveurs n’ont toujours aucune visibilité sur le montant des aides qui leur seront versées à la fin de l’année. Ce n’est pas acceptable » estime aussi le président des Républicains.

« Une obligation morale » envers les agriculteurs

« Depuis 2012, le gouvernement a considérablement alourdi les contraintes fiscales et réglementaires qui pèsent sur l’agriculture et l’agroalimentaire », critique-t-il aussi.

A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy vante son action sur le sujet lorsqu’il était chef de l’Etat (2007-2012) et demande une mobilisation de « tout l’appareil d’Etat » pour les agriculteurs envers qui « nous avons une obligation morale ».

« Les Républicains n’ont eu de cesse de demander au gouvernement d’agir vite et d’anticiper cette crise dont tous les observateurs prédisaient pourtant son ampleur. Sans la très forte mobilisation des agriculteurs, le gouvernement n’aurait pas présenté ce matin ce tardif et précipité plan d’urgence. Trop de temps a été perdu », attaque Nicolas Sarkozy.

Au niveau régional, à quelques mois des élections, « les Républicains soutiendront et favoriseront l’installation des jeunes agriculteurs et la consommation de produits locaux, au travers d’une vision partagée de l’environnement et du développement économique de la ruralité », garantit Nicolas Sarkozy.