Flash-Ball: Dans quel cadre est-il utilisé ?

SECURITE L’arme française, décriée, est employée par la police et la gendarmerie depuis près de vingt ans. Ce, dans un cadre très réglementé…

J. H.

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Des policiers équipés de flashs ball le 21 février 2015 à Nantes.
Des policiers équipés de flashs ball le 21 février 2015 à Nantes. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Beaucoup, beaucoup de travaux ont été menés sur le Flash-Ball de type « superpro », cette arme non létale de défense utilisée par la police et la gendarmerie en France depuis 1995.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon, qui a réclamé son interdiction lors de manifestations à la suite de nombreux faits-divers, a produit un rapport très précis sur son usage. « L’utilisation du Flash-Ball par la police doit toujours être nécessaire, s’inscrire dans le cadre d’une riposte ou d’une action proportionnée. Son recours est autorisé, à titre principal, dans le cadre de la légitime-défense ou d’attroupements que les forces de l’ordre devraient dissiper, en cas de violences ou de voies de fait », pose-t-il, clairement. « D’après les déclarations de plusieurs usagers, le Flash-Ball est, en lui-même, une arme de dissuasion, de par son aspect et le simple fait de l’arborer lors d’interventions », explique encore le Défenseur des droits.

Flash-Ball : Cinq questions autour de son interdiction

Une arme de dissuasion

Sûr. Utilisée par l’administration pénitentiaire, le GIGN, la BAC, le Raid, entre autres, cette arme dite « intermédiaire » et de 4e catégorie dispose d’un lanceur manuel à deux coups, sans crosse d’épaule et d’une poignée pistolet permettant l’usage d’une seule main. D’après son fabricant, le Français Guillaume Verney-Carron, il s’agit d’une « arme à létalité atténuée » conçue pour des interventions à courte distance, d’environ 10 mètres. « Nous avons fait évoluer le lanceur et nous sommes actuellement en phase de test pour un nouveau projectile », précise le fabricant, joint par 20 Minutes.
Le Flash-Ball comprend deux canons superposés, basculants. La cartouche, de calibre 44x83 cm, contient un projectile en caoutchouc souple, de quelque 28 grammes, « développé pour se déformer à l’impact et limiter le risque de pénétration », affirme un rapport du Défenseur des droits.

Mais, la police déconseille tout tir au-delà de 12 mètres et la gendarmerie, au-delà de 15 mètres « en raison des incertitudes quant à la précision du tir. » Le texte précise que cette incertitude est liée aux munitions et aux caractéristiques de l’arme : absence de crosse d’épaule, organes sommaires de visée et canons lisses.

Formation initiale : de quatre à six heures

La formation initiale à l’usage du Flash-Ball dure quatre heures, pour la gendarmerie, et six heures, pour la police. Tir réel de cinq cartouches compris. La formation continue se présente par une séance de « recyclage » à effectuer tous les ans chez les militaires. Tir réel de trois cartouches compris. Pour la police, cette formation continue dure quatre heures, tous les deux ans. Tir réel de trois cartouches compris. « Trop peu », estime le fabricant français. Bien sûr, à la gendarmerie comme dans la police, le volume horaire de 365 heures au total consacré aux techniques d’intervention comprend des piqûres de rappel et des mises en situation.

Bien que près de 10.000 policiers et gendarmes étaient habilités à utiliser le Flash-Ball en 2012, l’emploi de cette arme française est en déclin depuis 2010. Le ministère de l’Intérieur lui préfère actuellement le lanceur de balles de défense LDB 40x46. Une arme plus précise, de 1re catégorie.