Crise des éleveurs: Le gouvernement lance un plan d’urgence de 600 millions d’euros

AGRICULTURE L’exécutif a dévoilé ce mercredi 24 mesures visant à soulager la trésorerie des agriculteurs en difficulté et à stimuler l’exportation de produits français…

L.C.
— 
Des agriculteurs manifestent à Breteville-sur-Odon, près de Caen, le 20 juillet 2015.
Des agriculteurs manifestent à Breteville-sur-Odon, près de Caen, le 20 juillet 2015. — ROBERT BEAUFILS/SIPA

Le gouvernement a présenté ce mercredi son plan d’urgence pour venir en aide aux milliers d’exploitants agricoles menacés de faillite, tandis que les éleveurs maintiennent la pression sur l’exécutif. Au sortir du conseil des ministres, le Premier ministre Manuel Valls a affirmé que gouvernement entend « l’angoisse, la colère et la détresse des agriculteurs », avant de laisser le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll détailler les points clés du plan pour l’élevage estimé à 600 millions d’euros.

Suivez en direct les développements de la crise des éleveurs par ici

Un plan à 600 millions d’euros

Le gouvernement a voulu agir à la fois sur le court et le long terme, en débloquant des fonds pour soulager les éleveurs bovins, porcins et laitiers et en développant l’exportation et la valorisation de la production française.

Le plan comporte 6 axes prioritaires : le redressement des cours et des prix payés aux éleveurs, la restructuration des dettes des exploitants agricoles à moyen et long terme, l’allégement des charges, le développement de la contractualisation, qui permet aux éleveurs d’avois plus de visibilité sur leur rémunération et leur marge, l’augmentation des débouchés à l’exportation et la diversification des revenus des éleveurs.

Ces axes sont déclinés en 24 mesures.

Au total, l’exécutif va injecter plus de 600 millions d’euros pour permettre aux agriculteurs en difficulté d’alléger leur trésorerie. Il s’agit de 100 millions d’annulations de charges et cotisations, et 500 millions de reports. Stéphane Le Foll en a détaillé la répartition :

  • Exonération de la taxe foncière sur le non bâti : 50 millions d’euros.
  • Le fonds d’allégement des charges sera porté à 50 millions d’euros, contre 8 millions actuellement.
  • Report du MSA (la Mutualité Sociale Agricole) : 200 millions d’euros.
  • Report des échéances sur le dernier acompte de l’impôt sur le revenu : 150 millions d’euros.
  • Remboursement anticipé de la TVA accordée sur demande : 150 millions d’euros.
  • Octroi de prêt de garantie par la BPI (Banque publique d’investissement) : 150 millions d’euros, avec un effet levier évalué à 500 millions par le gouvernement.

Des mesures à long terme

Le plan du gouvernement comprend aussi des « mesures structurelles », a insisté Manuel Valls, car « le monde paysan n’a pas besoin que d’un pansement d’urgence ». Ces mesures portent notamment sur la promotion de la viande française à l’export, avec un effort de 10 millions d’euros, le renforcement des contrôles sur l’étiquetage de l’origine des viandes et la diversification des revenus des éleveurs en harmonie avec la transition énergétique. Ainsi, les éleveurs seront par exemple incités à se doter de méthaniseurs, pour transformer les effluents d’élevage en électricité et la revendre.

A plus long terme, une plateforme « Viande France Export » va être mise en place pour identifier et répondre aux besoins des pays importateurs, notamment en Asie et autour de la Méditerranée.

Enfin, les procédures administratives et les contrôles seront simplifiés.