Lot: Un jeune survit à une flèche de harpon dans le crâne

ACCIDENT Deux amis s'amusaient samedi au bord d'une rivière, près de Souillac, avec un fusil harpon. Pierre a reçu une flèche de 70 cm en pleine tête. Il est ressorti de l'hôpital...

Jane Hitchcock

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Un harpon (photo d'illustration).
Un harpon (photo d'illustration). — Lance Cpl. Roger L. Nelson sur Wikimedia Creative Commons

«A quelques centimètres près, c'était la catastrophe.» L'officier du groupement de gendarmerie de Cahors (Lot) que la rédaction de 20 Minutes a contacté dimanche, a peine à imaginer le terrible accident qui s'est produit sur son territoire, la veille. A la suite d'une «erreur de manipulation» du fusil harpon avec lequel deux jeunes hommes étaient en train de s'amuser au bord d'une rivière, Pierre, 19 ans, a reçu une flèche de quelque 70 cm en pleine tête.

«Elle n'est pas passée de part en part: la victime a été touchée au temporal droit et la pointe est ressortie au niveau du front», précise le militaire. Héliporté jusqu'au centre hospitalier de Toulouse, le blessé a miraculeusement survécu au tir. Il est même déjà rentré chez lui, à Souillac.

«Elle lui transperce le crâne»

Nous sommes dans la nuit de vendredi à samedi et la fête bat son plein dans le petit village de Lanzac, proche de Souillac. Pierre et son ami Kevin, des anciens du club de rugby, restent dormir près de la rivière Dordogne avec le reste de leur groupe. «Je les connais tous, ces gamins. Ce sont de bons gamins, c'est sûr. Ils avaient décidé de ne pas rentrer chez eux après la fête. Normal. Les gosses ont sûrement voulu aller pêcher samedi matin, avec un harpon. Pas un harpon professionnel, attention, mais un petit harpon: les jeunes en utilisent pas mal dans le coin», estime Jean-Claude Tardieu, président du comité départemental de rugby.

Il est 10h30 ce samedi, lorsque les secours sont appelés en urgence. Pierre reçoit une flèche de l'arbalète en «pleine tête. Elle lui transperce littéralement le crâne», révèle le quotidien régional La Dépêche du Midi.

«C'est un miracle»

Les sapeurs-pompiers et le Samu arrivent aussitôt sur place. L'hélicoptère de la protection civile est lui aussi déclenché. A Lanzac, c'est la panique. Kevin, le tireur, sera entendu par les gendarmes de la communauté de brigades de Souillac dans l'après-midi. Le jeune homme «le pauvre, a été touché. Très. Il est plus malade que son copain...», confie son ancien entraîneur de rugby. «Ce sont des amis. C'est vraiment un accident», affirme de son côté l'officier de Cahors. C'est que, malgré la taille - impressionnante - de la flèche et son diamètre, «de sept à huit millimètres» tout de même, le blessé survit et se remet de la perforation, rapidement.

«La trajectoire a été courte», précise l'enquêteur. «C'est la bêtise qui est à l'origine de cet accident. La bêtise humaine. C'est un miracle», lâche Jean-Claude Tardieu. Pierre est rentré de Toulouse samedi soir. Ses jours ne sont plus en danger.