Projet d'attentat au Fort Béar: Ce que les trois suspects ont avoué devant les policiers

TERRORISME Une information judiciaire a été ouverte et le parquet a requis leur placement en détention...

William Molinié

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Le sémaphore de Fort Béar, où un attentat a été déjoué par les services de renseignement.
Le sémaphore de Fort Béar, où un attentat a été déjoué par les services de renseignement. — RAYMOND ROIG / AFP

Fin de la garde à vue pour Ismaël K. (17 ans), Djebril A. (23 ans) et Antoine F. (19 ans), suspectés d’avoir voulu décapiter un militaire dans le sud de la France. Désormais, c'est à la justice qu'ils vont livrer leurs explications. Le parquet a ouvert une information judiciaire ce vendredi matin, à l'issue de quatre jours de garde à vue, pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d'un crime d'atteinte aux personnes» et requis le placement en détention provisoire des trois suspects.

Ils doivent être présentés à un juge antiterroriste au cours de la journée. Selon nos informations, ils ont reconnu au cours de leur garde à vue le projet d’attentat démasqué par les policiers de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

« Deux d’entre eux ont expliqué leur projet. Un troisième a eu plus de mal avant de reconnaître. Puis ils ont finalement assuré qu’ils ne voulaient plus commettre cet attentat », a expliqué à 20 Minutes une source proche du dossier. Leurs dernières déclarations entreraient en contradiction avec les preuves de leurs intentions recueillies par les enquêteurs, issues des exploitations informatiques, a précisé cette source.

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Ils se sont connus sur Internet

Tous trois ont reconnu « s’inscrire dans les préconisations de l’Etat islamique ». Un quatrième, soupçonné d’avoir fait partie du groupe, a été relâché, les policiers n’ayant « pas assez d’éléments à charge contre lui ».

Selon nos informations, des rencontres physiques ont eu lieu entre les membres du groupe. Mais tous « se sont connus sur Internet », précise-t-on de source judiciaire. C’est au cours de discussions cryptées sur des forums que le plus jeune, Ismaël, a proposé à ses acolytes de partir en Syrie. Mais une mesure d'opposition de sortie du territoire national a été prononcée à son encontre après un signalement effectué par sa mère.

Communiqué du procureur de la République, le 17 juillet 2015 publié par wmolinie

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Face à cette difficulté de rejoindre la zone irako-syrienne, un de ses contacts djihadistes, qui se trouve dans les rangs de l’Etat islamique, leur préconise de frapper en France. Au cours de discussions sur Internet, Djebril, 23 ans, un ex-militaire réformé pour troubles psychologiques, propose alors le projet de décapitation (ce qu'il réfute, contrairement aux déclarations des deux autres) au Fort Béar d’un de ses anciens supérieurs contre qui il a nourri une aversion.

Quant à Antoine F., 19 ans, il a reconnu avoir projeté de partir en Syrie et a rencontré Djebril A. en janvier 2015, «date à laquelle celui-ci lui avait parlé du projet d'attentat», selon le parquet.

Ces sympathisants revendiqués de Daesh avaient prévu de filmer la scène pour la diffuser sur Internet, en référence aux méthodes du groupe terroriste. L’attentat était programmé pour la fin de l’année. Même s'ils ont évoqué les attentats de Mohamed Merah ainsi que ceux de début janvier, aucun des trois n'a indiqué avoir voulu passer à l'acte en référence à une date anniversaire de l’attaque à Charlie Hebdo, selon un communiqué du procureur de la République, contrairement à ce qu'avaient indiqué des sources policières.