Vacances: Partir avec... ses amis

SERIE (4/7) Toute la semaine, « 20 Minutes » vous donne des conseils pour éviter que vos vacances ne se transforment en enfer…

Hélène Sergent

— 

Les Bronzés font du ski
Les Bronzés font du ski — DR

« L’enfer, c’est les autres », écrivait Sartre. Oubliez la sentence du philosophe, 20 Minutes se charge de dresser le guide des vacances réussies entre amis, si tentantes mais parfois si décevantes…

A lire aussi: Partir en vacances… en solo

A lire aussi: Partir avec... son chien

A lire aussi: Partir avec... sa belle-mère

Les conseils pratiques 

Avant de penser au départ, il est indispensable de bien choisir les amis avec lesquels on souhaite partir. « Il faut privilégier le dialogue, dire dès le début le type de vacances que l’on recherche. Si on rêve de passer une semaine à lézarder sur la plage, on aura plus de mal à supporter un copain hyperactif », analyse Sidonie Mangin, coauteur du Guide de vacances entre amis, manuel de survie. Se connaître soi-même pour mieux supporter les autres, c’est l’un des ingrédients du succès. Evacuer les tabous et évoquer la question du budget avant le départ garantit davantage de sérénité. « Il existe plusieurs techniques, le pot commun, probablement le plus pratique, ou l’accumulation des tickets de caisse avec une étape comptabilité en fin de séjour », détaille Sidonie Mangin.

Pour éviter la rancœur de Gérard Lanvin (voir l’extrait de Mes meilleurs amis (1988) ci-dessous) quand arrive la question des tâches ménagères, deux choix existent : vous pouvez organiser à tour de rôle et de façon ludique la répartition des corvées (vaisselles, ménage, courses) et élaborer les repas de façon collective. Pour les budgets moins serrés, faire appel à une femme de ménage permet d’éviter la traditionnelle dispute avec ce pote, certes sympa, mais qui prend un malin plaisir à déverser tout le sable de la plage au milieu du salon et qui préfère faire la sieste plutôt que de passer un coup de balai.

Elles l’ont vécu, elles racontent

Si Lucie, 26 ans, garde un excellent souvenir de ses dix jours passés en Croatie en août 2012, elle n’oublie pas que ce voyage lui a coûté une amitié : « Nous nous connaissions depuis le collège, nous étions cinq. Parmi mes amis, l’une des filles, qui devait rentrer en France plus tôt, avait exigé qu’on l’accompagne jusqu’à l’aéroport de la capitale, on avait accepté. Mais le bus qui devait nous y emmener n’est jamais arrivé et elle nous a demandé de faire un trajet en avion de la côte à Zagreb ! C’était hors de prix, là on a dit non et la dispute a éclaté. Résultat, je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles… »

Pour éviter les conflits, Mélissa, habituée aux vacances entre amis, a ses techniques : « J’évite de partir avec des potes avec lesquels je n’ai jamais voyagé et je ne pars jamais avec un groupe de plus de six personnes, c’est trop dur à gérer sinon. On établit un budget individuel et global avant les vacances et on essaie de s’organiser au maximum en amont pour les logements et les activités ». Sidonie Mangin nuance toutefois : « Il y a toujours une part de surprise et d’inattendu quand on part entre amis, c’est notre capacité à l’accepter et à gérer cet inattendu qui va déterminer le degré de réussite de nos vacances. »

Les avantages

Pour une majorité de vacanciers, partir avec des amis permet non seulement d’économiser et de diviser le budget total, mais aussi et surtout d’ancrer des amitiés naissantes et de raviver de plus anciennes. « Je pars en vacances avec mes amis depuis près de dix ans et ce sont mes meilleurs souvenirs avec eux », confie Jamal. « Partir à plusieurs, ça laisse aussi une multitude de choix dans les activités et dans l’organisation du temps libre. Les sportifs peuvent se lancer dans une randonnée pendant que les adeptes de la plage peuvent se reposer. » S’entourer d’amis offre aussi aux vacanciers réservés d’oser davantage. Se lancer à l’assaut du mont Fuji au Japon ou partir explorer les îles Galapagos peut effrayer certains timides, voyager aux côtés de ses proches peut recouvrir un aspect rassurant.

Les situations à risque

Entre les trajets, l’argent, le lieu de la destination, les ronflements d’untel et la psychorigidité d’un autre, les sujets de fâcheries ne manquent pas. La logique voudrait qu’avec un groupe plus nombreux d’amis, le risque de voir se développer une situation explosive augmente également : « Pas nécessairement, assure l’auteur du manuel de survie des vacances entre amis, dans un petit groupe, une personne peut rapidement se sentir mise à l’écart, plus le groupe est nombreux, plus les chances de se rapprocher d’un des membres sont grandes. » Lors de leur enquête, Sidonie Mangin et Elodie Cabalga ont relevé des facteurs d’embrouille récurrents : « L’éducation des enfants est souvent problématique. Certains vont être privés de Nutella pendant que d’autres vont s’enfiler le pot pendant le goûter. C’est aux parents de lâcher prise, les enfants ne sont pas stupides et savent que tous les parents sont différents. » La présence de couples, et notamment de couples en situation de crise, peut crisper certains vacanciers et créer un malaise durable. Deux solutions : boycotter les duos en instance de divorce où, comme Gérard Jugnot, les recadrer au premier dérapage.

Les activités recommandées

Là encore, les activités dépendent du profil de vos amis. Evitez de proposer un parcours acrobatique à un pote qui a le vertige ou une virée en bateau à une amie qui a le mal de mer. L’avantage quand on est en groupe, c’est que l’on peut bénéficier de tarifs spécifiques. Et si pendant la journée, tout le monde en profite pour s’isoler ou pour faire une activité vraiment spécifique, les vacances entre amis regorgent de moments à partager. « Les repas représentent un vrai temps fort lorsqu’on part à plusieurs. C’est probablement l’un des moments où l’on échange le plus », analyse Sidonie Mangin.