Nouveaux bacheliers: La galère pour trouver une place en fac

ÉDUCATION Dans le même temps, souligne le syndicat étudiant, les capacités d'accueil des facs françaises s'amenuisent...

L.C. avec AFP

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Des étudiants sur le campus universitaire de Grenoble.
Des étudiants sur le campus universitaire de Grenoble. — XAVIER VILA/SIPA

Pratiques de sélection illégale en fac, milliers de jeunes bacheliers en liste d’attente ou sans place à la mi-juillet… Une enquête de l'Union Nationale des Etudiants de France (Unef) publiée ce mercredi dénonce des tensions croissantes pour s’inscrire dans l’enseignement supérieur en France.

« La conjonction de davantage de sélection illégale, de capacités d’accueil réduites à cause des difficultés budgétaires, et d’un nombre de demandes d’inscriptions en augmentation importante fait qu’on a une année particulièrement tendue sur les inscriptions », explique William Martinet, président de la première organisation étudiante.

Capacité d’accueil en baisse

Pour l’année 2015-2016, le nombre de demandes d’inscription à l’université augmente de 6,5 % selon l’Unef, mais les établissements, en proie à des difficultés budgétaires et objet d’un prélèvement du gouvernement sur leur fonds de roulement, réduisent dans le même temps leurs capacités d’accueil.

Ainsi, 30 % des filières universitaires n’ont pas une capacité suffisante pour répondre à toutes les demandes, pointe l’enquête. Dans une académie comme Besançon (Doubs), la baisse des capacités d’accueil atteint 10 %.

En Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), filière traditionnellement tendue, le nombre d’universités qui choisissent leurs étudiants par tirage au sort s’élève à 14 contre 6 en 2014. A Limoges (Haute-Vienne), les capacités d’accueil diminuent de 130 à 80 places.

Listes d’attente

Quentin, qui veut devenir professeur de sport, était encore en liste d’attente ou refusé dans plusieurs universités en Staps lundi, à la veille de l’ultime étape sur le portail d’inscriptions Admission post-bac (APB). « Je savais qu’il y avait un risque » de capacité, « mais mon professeur principal m’avait dit qu’en mettant six vœux sur APB je serais pris », expliquait-il. Comme sa sœur jumelle, qui n’avait pas non plus de place dans le supérieur, il se renseignait sur des BTS privés dans l’audiovisuel, mais « ça coûte cher ».

« Sélection illégale »

Dans le cadre de sa campagne SOSinscriptions, l’Unef a recensé plusieurs milliers de bacheliers, « souvent de catégories populaires », qui n’ont pas pu s’inscrire dans la filière universitaire de leur choix, contraints d’abandonner leur projet d’études ou de s’orienter par défaut.

L’Unef dénombre 334 formations qui effectuent une « sélection illégale » dans 54 universités, soit les trois quarts d’entre elles : tri sur dossier, entretien ou en fonction des notes au baccalauréat. En tête de cette pratique, les universités de Paris 4 (46 formations), Paris 1 (23 formations) et Cergy (22 formations).

 

L’organisation demande notamment aux pouvoirs publics de garantir à tous les bacheliers une inscription dans la licence de leur choix et une « augmentation conséquente du budget de l’enseignement supérieur » pour 2016.