Prise d'otages: «Pas un mot pour nous rassurer», regrettent les commerçants

FAITS DIVERS Huit heures après l'attaque à Villeneuve-la-Garenne, les portes du centre commercial ont été rouvertes au public...

Helene Sergent

— 

Une prise d'otages s'est produite le 13 juillet 2015 au magasin Primark de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine).
Une prise d'otages s'est produite le 13 juillet 2015 au magasin Primark de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). — SIPA

Quelques minutes à peine après l’ouverture du centre commercial Qwartz (Hauts-de-Seine) au public, ce lundi après-midi, la responsable de la boutique Adidas tentait de contenir ses larmes : « Je suis choquée, dès que la sécurité a ouvert les portes, les gens se sont rués devant Primark par voyeurisme. Ils ne se rendent pas compte, on a eu peur ce matin ! » Après l’inspection des 85 000 m² de boutiques, restaurants et grandes surfaces par les policiers d’élite du Raid, les commerçants ont pu, s’ils le souhaitaient, accueillir à nouveau leurs clients. Mais la plupart des enseignes ont choisi de ne pas lever leurs grilles.

Pendant la prise d’otages par trois malfaiteurs des salariés de Primark, certains responsables de magasins se sont rassemblés autour d’un café pour échanger et convenir ensemble de la réaction à adopter pour les jours à venir : « La direction de Qwartz ne nous a rien dit en dehors du fait que les portes ouvriraient à 14 h 30. Pas un mot pour nous rassurer ou pour évoquer les problèmes de sécurité », se désole une employée d’une chaîne de sandwicherie. Le directeur du centre, Raphaël Bouchet, assure pourtant que les 170 commerçants allaient être contactés pour une mise au point et que la boutique Primark resterait fermée ce lundi pour les besoins de l’enquête.

Protéger les clients et les salariés

Les salariés de Primark, venus nombreux sur place, ont été reçus par le directeur du magasin. Prisca, en poste depuis plus de six mois au sein de l’enseigne, ne cache pas son amertume : « On nous a dit que l’opération était une réussite parce qu’il n’y avait pas de mort ni de blessé, mais les braqueurs sont toujours en fuite ! Comment voulez-vous qu’on reprenne le travail dès demain ? » La direction devait tenir ses salariés informés dans le courant de la soirée afin de déterminer si le magasin allait ouvrir mardi 14 juillet.

Prise d’otages à Villeneuve-la-Garenne : Ce que l’on sait

Une carte a été distribuée aux employés présents proposant un service de soutien psychologique en cas de besoin. Une première étape saluée, mais insuffisante aux yeux des travailleurs : « La sécurité doit être renforcée, et pour les clients et pour nous ! », s’exclamait une vendeuse. Si une source proche de l’enquête précisait ce matin que les auteurs des faits avaient réussi à prendre la fuite, l’inquiétude était encore palpable parmi les clients. Dans les escaliers mécaniques qui menaient aux enseignes, une adolescente confiait à sa mère : « J’espère que les malfaiteurs ne sont pas planqués… »