Répétition du défilé du 14-Juillet, le 10 juillet 2015.
Répétition du défilé du 14-Juillet, le 10 juillet 2015. — Nicolas Messyasz/Sipa

COMMEMORATIONS

14-Juillet: Débordée, l'armée va défiler en rangs réduits

Pour la traditionnelle parade sur les Champs-Elysées, l'armée va proposer un défilé quelque peu réduit...

Assurer la parade et continuer à faire la guerre alors qu’elles n’ont plus un sou vaillant : voilà la mission que doivent remplir les forces françaises mardi. Le traditionnel défilé du 14-Juillet va devoir composer cette année avec plusieurs impératifs économiques et logistiques. Le général Hervé Charpentier, le gouverneur militaire de Paris, a ainsi parlé d’une descente des Champs-Elysées amputée de 15 minutes et de 30 % d’engins par rapport à 2014. Même les fameux chars Leclerc, « si appréciés du public », mais pour certains déployés en Pologne, ne descendront pas la plus belle avenue du monde.

L’armée française est en surchauffe. Elle a été très sollicitée après les attentats de janvier : jusqu’à 10.000 soldats ont été déployés en France dans le cadre de Vigipirate, alors qu’autant étaient présents sur les théâtres des opérations à l’étranger, au Mali, en Centrafrique ou en Irak. Ce chiffre a été ramené à 7.000 aujourd’hui, ce qui reste bien trop par rapport aux ressources dont elle dispose.

Les forces de l’antiterrorisme défilent pour la première fois

Logiquement, le défilé du 14-Juillet en pâtit. Ainsi, on ne comptera cette année que 3.501 hommes (soit 289 de moins par rapport à 2014), 208 véhicules (77 de moins) et 86 avions et hélicoptères (quatre de moins). En outre, pour assurer une disponibilité maximale des troupes et en raison de la menace terroriste, consigne a été donnée aux militaires de ne pas rester après la descente. Les traditionnelles rencontres post-défilé avec les soldats, qui permettaient aux passionnés d’observer du matériel militaire et de faire des photos souvenir, sont donc annulées.

Ce défilé revêt pourtant une symbolique toute particulière. Pour la première fois dans son histoire, les forces de l’antiterrorisme, soit le Raid, le GIGN et la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), y seront présents, pour rendre hommage à leurs interventions décisives du début d’année à Dammartin-en-Goële et à l’Hypercacher de Paris. « C’est très important pour l’institution, et puis, nous portons un petit peu sur nos épaules dans cette descente nos camarades morts en janvier, Ahmed, Clarissa et Franck », a expliqué à Ouest-France le commandant Jules, de la BRI.