Conflit entre les taxis et Uber: « On va repartir dans la rue à la rentrée, ce sera l’assaut final ! »

INTERVIEW Le président des Taxis de France brandit la menace de nouveaux blocages après l'ouverture aux VTC d'une voie de l'autoroute A1 reservée aux bus et taxis...

Propos recueillis par Claire Chédeville
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Illustration taxis.
Illustration taxis. — THOMAS SAMSON AFP

Une portion de route sur l’autoroute A1 en direction de l’Aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, a été ouverte avec l’accord du tribunal de Montreuil, aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). Ce couloir de 5 kilomètres était jusqu’à présent dédié aux seuls bus et taxis lors des heures de pointes pour faciliter l’accès à l’aéroport. Une décision communiquée ce jeudi, qui ranime le conflit entre taxis et VTC. 20 minutes a recueilli le point de vue de Sylla Ibrahima, président des Taxis de France.

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Que pensez-vous de la décision du tribunal de Montreuil ?

Comment peut-on accepter ça ? C’est de l’injustice totale. On paye les droits de stationnement, le privilège de passer sur les voies de bus alors qu’ils vont pouvoir utiliser cette parcelle sans rien payer ! On remarque une nouvelle fois que les taxis et les VTC font le même métier sans avoir les mêmes charges… On nous poignarde encore en nous disant qu’ils vont nous prendre nos routes. Le tribunal leur autorise ce couloir pour sortir de l’aéroport mais après qu’est-ce que ce sera ? Des voies dans Paris ? On est entrain de disparaître lentement à petit feu et on a peur de notre avenir.

Avez-vous prévu de réagir contre cette décision ? Qu’attendez-vous ?

On va repartir dans la rue à la rentrée, ce sera l’assaut final ! On nous a fait plein de promesses pour finalement accorder des privilèges aux VTC, ce n’est pas normal. On est obligés de réagir, d’aller dans les rues, même si on ne veut pas faire du tord aux citoyens français. On attend la fermeture de toute l’entreprise Uber : le dérivé UberPOP c’était l’arbre qui cachait la forêt. Mais si l’Etat ne supprime pas Uber, on veut être remboursé de tous nos frais pour que la concurrence soit légale. On veut que l’Etat prenne ses responsabilités : indemnisez-nous et on rentre chez nous. On préfère mourir debout que vivre à genoux.

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Pensez-vous que le gouvernement joue avec les taxis ?

Non, car Il ne contrôle pas ce qu’il se passe. Il prône l’égalité mais ce n’est pas respecté parce que les membres du gouvernement sont complètement dépassés. Ils n’arrivent pas à réagir et à prendre des décisions. On a beau faire des manifestations, des recours mais rien ne marche. Ils font des promesses qu’ils ne tiennent pas, pour moi ils ont arrêté de nous tendre la main. C’est un peu le monde à l’envers de privilégier une entreprise étrangère plutôt que 55.000 taxis en détresse.