Des correspondants anglais dans des crèches: Bonne idée ou initiation trop précoce?

EDUCATION Cette initiative a été mise en place dans quatre crèches du groupe La Maison Bleue…

Delphine Bancaud

— 

Illustration d'une crèche.
Illustration d'une crèche. — Elisa Riberry / 20 Minutes

Après le baby-sitting en langue étrangère, les séjours linguistiques pour les petits, voici venus les correspondants anglais en crèche ! Selon le Parisien, le groupe de crèches La Maison Bleue a récemment lancé une initiative originale : les enfants de grande section ont rendez-vous tous les vendredis avec des petits camarades d’un jardin d’enfants anglais via un système de visioconférences. Pendant dix minutes, les enfants français disent quelques mots en anglais à leurs voisins britanniques, chantent dans leur propre langue et écoutent les chansons de leurs petits correspondants.

Les séjours linguistiques pour les tout-petits en pleine progression

« Cette initiative a été expérimentée l’an dernier et a été déployée dans quatre crèches. L’idée est de l’étendre à terme à nos 200 établissements », explique à 20 minutes Emerance de Loisne, directrice marketing de La Maison Bleue. Un programme d’échanges qu’elle a eu l’idée de mettre en place pour répondre aux multiples sollicitations des parents : « Beaucoup d’entre eux réclament une initiation à l’informatique et des cours d’anglais dans nos crèches. Mais entre 0 et 3 ans, ce n’est pas possible de donner des cours de langue à des enfants ! », indique Emerance de Loisne. D’où l’idée d’un éveil à l’anglais, plus en douceur…

La vogue du baby-sitting en anglais

« Ce n’est pas de l’apprentissage, mais de l’éveil »

Car pour elle, il n’est pas question par ce biais de mettre la pression aux enfants pour leur faire apprendre une langue de manière précoce. « Ils ne prononcent que des mots de base en anglais et chantent dans leur langue maternelle. Ils s’ouvrent juste à de nouvelles sonorités et sont en lien avec des enfants d’une culture différente », précise-t-elle. Mais n’est-ce pas une manière indirecte d’inscrire précocement ces petits dans une course à la réussite scolaire ? « Pas du tout », estime Edwige Antier, pédiatre et auteur de Sois poli, dis merci*. « C’est très important d’ouvrir les plus petits à des phonèmes différents. De plus, il ne s’agit pas d’une initiation à l’anglais, mais d’une immersion dans une autre langue. Ce n’est donc pas de l’apprentissage, mais de l’éveil », insiste-t-elle. Selon la pédiatre « les Français sont très en retard concernant la maîtrise des langues et prendre ce mal à la racine est une très bonne chose ».

Sans surprise, cette initiative fait l’unanimité du côté des parents. Quant aux enfants des crèches participantes, ils ont l’air plutôt contents de cette rencontre avec leurs copains british, à en croire la vidéo publiée sur le site du Parisien. « Chaque semaine, ils attendent de les retrouver », insiste Emerance de Loisne.

Pourquoi les Français are toujours so bad in English

*Sois poli, dis merci*, d’Edwige Antier, éditions Robert Laffont, 2014, 20 €.