Paris: Trois chantiers qui attendent Michel Cadot, le nouveau préfet de police

SECURITE Mise en difficulté, la préfecture de police est toujours considérée comme un «Etat dans l’Etat»...

William Molinié

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Michel Cadot le 12 janvier 2012 à Vitré
Michel Cadot le 12 janvier 2012 à Vitré — Damien Meyer AFP

C’est le nouvel homme fort de la police parisienne. Michel Cadot, nommé mercredi préfet de police de Paris en conseil des ministres, prend la tête d’une institution à la réputation d’« Etat dans l’Etat ». Placé devant le directeur général de la police nationale dans l’ordre du protocole, l’ancien préfet de la région PACA rendra compte directement au ministre de l’Intérieur.

Présenté comme « rigoureux, honnête et pragmatique », Michel Cadot intègre cette puissante institution dans un contexte difficile, entre obligation de sécurité et nécessité de restructurations. « Les chantiers sont énormes », prévient Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Police. Voici trois d’entre eux que le nouveau préfet devra conduire dans les mois à venir…

  • Maintenir la lutte contre le terrorisme et gérer la grogne des policiers

C’est le dossier le plus sensible, selon le syndicaliste. Michel Cadot va devoir maintenir une exigence accrue portée sur la priorité du moment, à savoir la lutte contre le terrorisme. Gardes statiques, protection des bâtiments, multiplication des procédures de contrôles… « Plus on bosse, moins on est reconnus », regrette Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance. Selon lui, l’administration centrale prévoirait de faire payer aux policiers parisiens une partie du Pass Navigo, comme cela est couramment pratiqué dans le secteur privé. « Ce n’est pas acceptable, c’est notre outil de travail », regrette-t-il. Le préfet de police sera confronté, comme tous les précédents, à la grogne des policiers qui estiment que leurs conditions de travail se dégradent.

  • Achever le Grand Paris de la sécurité

Initié sous Nicolas Sarkozy, poursuivi par Manuel Valls, le Grand Paris de la sécurité est en voie d’achèvement. Les policiers de petite couronne sont rattachés à la préfecture de police et il n’y a plus de frontières géographiques entre les départements de Paris et de proche banlieue. Reste la grande couronne. Le secrétariat général pour l’administration de la police (Sgap) de Paris doit fusionner avec celui de Versailles. De quoi renforcer encore le poids de la préfecture de police qui, dans cette nouvelle configuration, pourrait absorber 20.000 policiers de plus.

  • Redorer l’image de la police judiciaire

« La PJ a perdu ses lettres de noblesses. Il va devoir les lui redonner », souligne Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa-Police. Vol de cocaïne au sein du 36, viol d’une touriste canadienne dans les locaux de l’antigang, mise en examen de l’ancien patron de la PJ pour violation du secret de l’instruction… Les affaires, d’ordre individuel, ont éclaboussé ces derniers mois la réputation de la célèbre institution. Michel Cadot pourra s’appuyer sur Christian Sainte, le patron de la PJ fraîchement arrivé, lui aussi, de Marseille.