VIDEO. Serge Lazarevic, ex-otage au Sahel, confie son désarroi à France Info

TEMOIGNAGE « Je suis un SDF de la République française » regrette l'ancien otage qui raconte son chemin de croix depuis sa libération...

O. G.

— 

L'ex-otage Serge Lazarevic s'adresse à la presse depuis la base de Villacoublay, le 10 décembre 2014
L'ex-otage Serge Lazarevic s'adresse à la presse depuis la base de Villacoublay, le 10 décembre 2014 — Bertrand Guay AFP

Le 9 décembre, Serge Lazarevic recouvrait la liberté. Otage pendant trois ans d’Aqmi au Mali, l’homme de 52 ans s’est confié ce mercredi à France Info. Il raconte l’euphorie à la libération, qui n’a duré que 15 jours… mais surtout les obstacles qu’il traverse depuis son retour en France.

VIDEO. Serge Lazarevic pense avoir été pris en otage pour une rançon

Des problèmes de santé

L’ex-otage au Sahel raconte ses problèmes financiers. Logé dans un studio dans l’arrière-cour de la maison de sa mère, en Seine-Saint-Denis, l’homme a du mal à retrouver une vie normale. D’autant plus que Serge Lazarevic accumule les problèmes de santé qui l’empêchent de retrouver un emploi de contremaître. « J’ai le bassin qui a été touché, j’ai pris des coups sur la tête, on m’a torturé, j’ai des problèmes de mémoire et d’oreille interne, et j’ai des vertiges tout le temps, témoigne l’ancien otage au micro de France Info. Je ne sais pas si vous pouvez réaliser ce que c’est, quatre ans dans la nature, dans le Djebel, dormir sur des pierres. »

« Je suis un SDF de la République française »

Lui blâme le Quai d’Orsay de faire la sourde oreille à sa situation inextricable. En effet, pour trouver un nouveau logement, on lui demande des feuilles d’impôts et autres justificatifs qu’il ne peut prodiguer.

 

« Ce sont des absurdités car il y a toute une procédure que je ne peux pas respecter car je n’ai rien. Pourtant, je leur ai donné des papiers du Quai d’Orsay qui disent que j’étais otage. Depuis 2011. Donc ils devraient le savoir, mais ils ne font pas attention au dossier », critique Serge Lazarevic. Et l’ex otage d’insister sur le sentiment d’abandon et son incompréhension : acclamé comme un héros à son arrivée le 9 décembre, il est aujourd’hui devenu invisible. « Je suis un SDF de la République française, tranche-t-il sur France Info. Je considère que j’étais mieux au Mali car, même si on souffre, même si on est torturé et qu’on est esclave, l’esprit comprend mieux, car il y a une explication. Au Mali, ils prennent des otages et c’est une guerre contre la France. Ici, je ne sais pas pourquoi je suis là. Je cherche. Je ne me considère pas comme un héros mais je ne comprends pas ce qu’on fait avec moi depuis que je suis rentré. »