Alcoolisme: Qui sont les plus touchés?

SANTE L'augmentation des hospitalisations pour alcoolisation aiguë concerne plutôt des adultes d'âge mûr, selon une étude publiée ce mardi…

F.V.
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Illustration d'une bouteille vide et d'un verre à vin
Illustration d'une bouteille vide et d'un verre à vin — DENIS CLOSON/ISOPIX/SIPA

L’alcool est l’une des toutes premières causes d’hospitalisation en France, selon une étude publiée mardi par l’Institut de veille sanitaire (InVS). En 2012, il a induit plus de 580.000 hospitalisations (+11,3 % par rapport à 2006). Qui sont les personnes les plus touchées ? L’étude permet de mieux cerner leur profil.

Des hommes entre 43 et 57 ans

Ce sont surtout des hommes (73 % en moyenne), et plutôt d’âge mûr. Ainsi, les patients hospitalisés pour une complication de leur alcoolisme ont en moyenne 56,7 ans, ceux pour sevrage 47,9 ans et ceux hospitalisés pour « intoxication aiguë » 43,5 ans.

« Les hommes boivent traditionnellement plus que les femmes, et leur consommation est aussi plus importante qu’elles, explique François Paille, coauteur de l’étude et docteur au Service d’addictologie du CHU de Nancy. Donc on les retrouve à l’hôpital quand il y a des complications. Alors que sur une consommation basique d’alcool, l’équilibre entre hommes et femmes est meilleur. »

Si l’alcoolisme des femmes a longtemps été en progression ces vingt dernières années, il semble se stabiliser, ajoute le docteur, même s’il « faudra encore du temps pour s’en assurer véritablement ».

Les victimes du binge drinking ne sont pas les jeunes

L’augmentation du phénomène de binge drinking (beuverie express) chez les jeunes n’a paradoxalement pas modifié l’âge de ses victimes. Le pourcentage de jeunes (moins de 24 ans) hospitalisés pour alcoolisation aiguë (ou ivresse) a été stable entre 2006 et 2012 (19,1 %), alors que celui des patients les plus âgés (plus de 55 ans) a augmenté fortement (20,9 % contre 24,8 %).

« Contrairement à ce qu’on croit, le binge drinking n’est pas l’apanage des jeunes. Les 35-55 ans sont proportionnellement plus touchés qu’eux », poursuit François Paille.

Le Nord et la Réunion les plus touchés

L’étude confirme que certaines régions françaises sont plus touchées par l’alcoolisme que d’autres, avec un rapport allant de 1 à 4.

Les intoxications aiguës concernent préférentiellement le nord et l’ouest de la France ainsi que la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et l’Auvergne, avec un taux supérieur au double de la moyenne nationale dans le Nord, en Basse-Normandie et à la Réunion.

Les hospitalisations pour dépendance alcoolique sont quant à elles plus nombreuses que la moyenne dans le Nord et le Nord-ouest, « des régions très industrielles où le niveau de vie médiocre est le terreau d’une plus grande consommation d’alcool ». Sont concernées aussi la Bretagne, la Champagne, Picardie, Bourgogne et Auvergne, avec un taux supérieur au double de la moyenne nationale dans le Nord, en Haute-Normandie et à la Réunion.

Dans le Centre, en voie de désertification, les problèmes d’alcool chronique font leur apparition.

La situation s’est en revanche améliorée dans la région Nord-Est, avec la fin des industries et l’amélioration des conditions de vie. Un progrès également observé en Rhône-Alpes, où « le dynamisme du tourisme et l’augmentation du niveau de vie a fait baisser la consommation d’alcool ».

Les auteurs de l’étude appellent les politiques à entreprendre des actions ciblées pour que les régions les plus touchées par l’alcoolisme puissent suivre ce chemin.