La Cour des comptes épingle le peu «d'efficacité» de Pôle emploi

RAPPORT Les magistrats de la Cour des comptes pointent « des coûts croissants », une « dispersion des moyens », « une mission d’intermédiaire entre offre et demande qui n’est plus prioritaire » ainsi qu’une « connaissance insuffisante des besoins des demandeurs d’emploi et des entreprises »...

B.D. avec AFP

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Photo d'archives du 30 septembre 2014 d'une agence Pôle Emploi à Villeneuve-d'Ascq.
Photo d'archives du 30 septembre 2014 d'une agence Pôle Emploi à Villeneuve-d'Ascq. — AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

La Cour des comptes épingle Pôle emploi et notamment son « efficacité » insuffisante dans la lutte contre le chômage, dans un projet de rapport cité ce mercredi par Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Ce document, intitulé Pôle emploi à l’épreuve du chômage de masse, doit être rendu public « dans les prochains jours », selon le quotidien qui en a eu connaissance. D’après Le Parisien, les magistrats de la Cour des comptes pointent « des coûts croissants », une « dispersion des moyens », « une mission d’intermédiaire entre offre et demande qui n’est plus prioritaire » ainsi qu’une « connaissance insuffisante des besoins des demandeurs d’emploi et des entreprises ».

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Un rapport qui « méconnai[t] la réalité du travail quotidien »

« La question de l’efficacité de l’opérateur est régulièrement posée par les utilisateurs », écrivent les « sages » de la rue Cambon, selon lesquels « Pôle emploi ne serait à l’origine directe de la reprise d’emploi que dans 12,6 % des cas ». C’est pourquoi, « les résultats obtenus en matière de taux de retour à l’emploi sont décevants ».

Dans une réponse adressée le 8 juin à la Cour, François Nogué, président du conseil d’administration de Pôle emploi, « regrette que ce rapport méconnaisse la réalité du travail quotidien » et craint son « impact négatif en termes de motivation pour des agents qui se trouvent depuis des années en première ligne de la crise ».

Un nouveau record a été enregistré par Pôle emploi en mai, le nombre des demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) atteignant 3,55 millions (+16.200) en métropole. En incluant ceux qui ont eu une activité (temps partiel, CDD, intérim, catégories B et C), le nombre des demandeurs d’emploi a fait un bond de 69.600, pour culminer à 5,41 millions (5,71 avec l’Outre-mer), autre pic historique.