Attentat en Isère: Découvrez heure par heure le film des événements

RECIT François Molins, le procureur de la République de Paris, a livré, ce mardi, les derniers détails de l’enquête sur l’attentat perpétré, vendredi, à Saint-Quentin-Fallavier…

Vincent Vantighem

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Des policiers scientifiques sur les lieux de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015.
Des policiers scientifiques sur les lieux de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015. — MOURAD ALLILI/SIPA

Après 96 heures de garde à vue, Yassin Salhi conteste toujours « toute connotation religieuse » dans les faits qui lui sont attribués. Suspecté d’avoir commis l’attentat, vendredi, dans l’usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, cet homme de 35 ans doit être présenté, ce mardi, devant un juge d’instruction pour être mis en examen pour « assassinat en lien avec une entreprise terroriste ».

La victime aurait été assommée à coup de cric puis étranglée d’une main

Ayant requis son placement en détention provisoire, le procureur de la République de Paris, François Molins a livré, ce mardi matin, les derniers détails de l’enquête en cours. 20 Minutes retrace le film des événements, heure par heure…

7h : Yassin Salhi prend un couteau de 20 cm…

Yassin Salhi lors de la perquisition à son domicile le 28 juin 2015 à Saint-Priest - PHILIPPE DESMAZES AFP


A son domicile de Saint-Priest (Rhône), il est 7h, ce vendredi, quand Yassin Salhi prend « un couteau avec une lame de 20 cm de long » et monte dans la fourgonnette qui doit le conduire sur son lieu de travail à Chassieu. Dans ses bagages, cet homme de 35 ans prend également, selon le procureur, « une réplique d’arme à feu de type fusil à pompe » qu’il a pris soin de repeindre durant la nuit. Selon les enquêteurs, il s’agirait, en réalité, d’un simple jouet appartenant à l’un de ses trois enfants.

7h30 : Il fait monter son patron dans la fourgonnette…

Des policiers devant le siège de l’entreprise Colicom, à Chassieu - PHILIPPE DESMAZES AFP


Parvenu sur le lieu de son entreprise de transport, Yassin Salhi commence par charger son utilitaire de bouteilles de gaz. Ensuite, « il fait monter son employeur dans le véhicule », explique François Molins sans que l’on sache si celui-ci a été menacé pour cela.

Attentat en Isère : Que sait-on de la victime décapitée ?

Sur la route le menant à l’usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, le suspect reconnaît avoir d’abord « assommé son patron d’un coup de cric » avant de « l’avoir étranglé d’une seule main ». L’autopsie, réalisée samedi, n’a pas pu déterminer à quel moment Hervé Cornara, la victime âgée de 54 ans, était décédée. « Des examens complémentaires sont en cours », a indiqué le procureur.

9h : Il s’arrête sur un parking et décapite sa victime…

Vue aérienne de l’usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier. - Google Maps


Yassin Salhi est à 500 mètres environ de l’usine Air Products quand il décide de s’arrêter sur un parking. A l’arrière de la fourgonnette, il décapite alors sa victime à l’aide du couteau emporté chez lui. « L’autopsie n’a pas permis de savoir si la décapitation avait été effectuée ante ou post-mortem », a encore précisé, ce mardi, François Molins.

Décapitation, Seveso, salafiste : Les questions encore en suspens…

9h28 : Yassin Salhi pénètre dans l’usine Air Products…

Habituel chauffeur-livreur d’Air Products, Yassin Salhi « était connu des employés de l’usine ». Il est 9h28 quand ceux-ci lui ouvrent donc naturellement le portail de l’usine située à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Toujours au volant de sa fourgonnette, le suspect longe deux murs et sort du champ des deux caméras de surveillance.

9h33 : Il fait un selfie avec la tête de sa victime…

Un drapeau et des fleurs déposés le 28 juin 2015 à l’endroit où a été placée la tête de l’homme décapité à Saint-Quentin-Fallavier - PHILIPPE DESMAZES AFP


Les enquêteurs ont retrouvé sur le téléphone portable du suspect deux photos prises à 9h33. La première montre le corps d’Hervé Cornara enveloppé d’un drapeau frappé de la Chahada (profession de foi islamique) avec la tête posée sur le tronc. La seconde est un selfie que le suspect prend avec la tête décapitée de sa victime avant d’aller l’accrocher au grillage de l’usine.

9h35 : Il remonte au volant et fonce dans le hangar…

Quand il réapparaît à 9h35, les images montrent alors un homme qui fonce, toujours au volant de son utilitaire, vers un hangar rempli de bouteilles de gaz et d’acétone. On entend alors une violente explosion. Une partie du hangar est soufflée.

9h41 : Les pompiers arrivent sur le site…

Des enquêteurs et des pompiers devant les locaux d’Air Products - AURORE LEJEUNE ministère de l’Intérieur


Classée Seveso, l’usine d’Air Products dispose d’un service de pompiers à proximité. Les secours mettent donc six minutes à être sur place. Il leur en faut une vingtaine de plus pour commencer à constater les dégâts et apercevoir un homme, Yassin Salhi, qui tente alors d’ouvrir des bouteilles de gaz et d’acétone dans un hangar, dans le but vraisemblable de provoquer une explosion. Deux pompiers, dont Bernard Cazeneuve a salué le sang-froid, maîtrise alors le suspect qui crie « Allah Akbar » dans l’enceinte de l’usine.

Dans l’après-midi : Sébastien-Younès V. apparaît dans le dossier

Dans le cadre de leurs investigations, les enquêteurs perquisitionnent chez les proches de Sébastien-Younès V. Connaissance de Yassin Salhi, celui-ci est en Syrie depuis novembre 2014. Les forces de l’ordre découvrent un téléphone portable avec lequel Sébastien-Younès V. communique avec ses proches. Ils découvrent que cet homme a été le destinataire des deux clichés pris par Yassin Salhi. « Il affirme, dans une conversation téléphonique via le réseau ‘’Whatsapp’’ être l’une des causes pour lesquelles Yassin Salhi est passé à l’acte », indique le procureur.