Attentat en Isère: Yassin Salhi avait «une double personnalité», raconte son ancien prof de sport

TEMOIGNAGE Le professeur qui a initié Yassin Salhi aux sports de combat, il y a quatre ans, évoque dans «Le Parisien» une «bombe à retardement»… 

Anne-Laëtitia Béraud
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Des policiers scientifiques sur les lieux de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015.
Des policiers scientifiques sur les lieux de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015. — MOURAD ALLILI/SIPA

L’éducateur qui a initié Yassin Salhi aux sports de combat, il y a quatre ans, s’est confié au Parisien à propos de la personnalité du principal suspect de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier. Selon cet éducateur qui travaille dans une salle de gym du Doubs, Yassin Salhi était à l’époque quelqu’un « de particulier », « dangereux pour lui-même et pour les autres ».

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Dès l’arrivée de Yassin Salhi à la salle de sport, l’éducateur a remarqué qu’il sortait de l’ordinaire. « Je l’ai tout de suite remarqué, avec sa grande barbe et ses cheveux longs. (…) Il m’a dit "Je voudrais faire du free fight " [un sport de combat où tous les coups sont permis] », explique-t-il au quotidien. L’élève venait en cours souvent accompagné de « trois amis qu’il appelait ses "frères" ».

« Abord très calme mais capable de rentrer dans une colère folle »

Lors des cours de sports, Yassin Salhi « ne se battait pas, il faisait la guerre » et « rapidement, les autres membres du groupe n’ont plus voulu se battre contre lui », explique le prof. « Lorsque [Yassin] explosait de rage, son regard se transformait physiquement et dégageait une colère intense que je n’avais jamais vue. (…) Il avait une sorte de double personnalité », explique encore ce prof de sport.

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Se remémorant son ancien élève, l’homme explique qu’« on le sentait toujours sur la brèche, prêt à exploser à tout moment. Lors d’une séance, il a attrapé un élève par le col parce que ce dernier ne lui avait pas dit bonjour. Il était comme ça, d’un abord très calme mais capable de rentrer dans une colère folle à la moindre vexation », se souvient le professeur.

« On l’a lobotomisé »

Au détour d’une conversation, cet éducateur a appris que Yassin Salhi était parti « pendant six mois en Syrie, dans les années 2010-2011 », à étudier « dans une école coranique » et le reste du temps « à visiter ».

Quand cet éducateur a appris l’attentat vendredi à Saint-Quentier-Fallavier, il n’a pas été surpris. « Ça m’a bouleversé, et dans le même temps, ça ne m’a pas surpris. (…) C’était une bombe à retardement et je savais au fond de moi qu’un jour elle exploserait. Mais ce n’était pas un meneur : je suis persuadé qu’on l’a utilisé, lobotomisé ».