Jérôme Kerviel doit se faire enlever son bracelet électronique ce vendredi

JUSTICE Condamné définitivement à cinq ans de prison dont trois ferme, l’ancien trader bénéficiait de cet aménagement de peine depuis le 8 septembre 2014…

Vincent Vanthighem
L'ex-trader Jérôme Kerviel, le 15 avril 2015 à Versailles
L'ex-trader Jérôme Kerviel, le 15 avril 2015 à Versailles — Thomas Samson AFP

Il avait coché la date sur son agenda il y a plus de deux mois. Selon nos informations, Jérôme Kerviel doit se faire enlever son bracelet électronique ce vendredi. « Nous avons rendez-vous à 10h30 au Services pénitentiaires d’insertion et de probation (Spip) pour cela », confirme David Koubbi, son avocat.

Les faits : Jérôme Kerviel libéré sous bracelet électronique

Condamné définitivement à cinq ans d’emprisonnement dont trois ferme pour avoir causé près de cinq milliards d’euros de pertes à la Société Générale -ce qu'il conteste toujours aujourd'hui- Jérôme Kerviel avait été placé sous bracelet électronique le 8 septembre 2014 après avoir passé près de trois mois en détention.

Condamné à rester chez lui de 20h30 à 7h30

« Je vais désormais profiter de cette liberté retrouvée, confie-t-il à 20 Minutes. Ne serait-ce que psychologiquement. Ce bracelet était, pour moi, comme un fil à la patte. »

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Employé comme consultant dans une entreprise de conseil en systèmes et logiciels informatiques depuis sa sortie de prison, Jérôme Kerviel était, toutefois, condamné à rester chez lui du lundi au vendredi entre 20h30 et 7h30.

Il prévoit d’en « profiter »

Si l’ancien trader ne veut pas dévoiler ses projets personnels pour les prochaines semaines, il indique néanmoins qu’il va « en profiter ». « Jérôme n’aura plus aucune contrainte d’ordre pénal, indique encore David Koubbi. Même si nous devons encore voir avec le Spip si d’autres mesures sont envisagées à son encontre… »

 

Dates clés de la vie de Jérôme Kerviel, l’ex-trader de la Société Générale - JM Cornu/V.Lefai AFP


En attendant, il prévoit déjà de continuer à se consacrer au dossier qui porte son nom depuis 2008. Si en mars 2014, la Cour de cassation a confirmé sa condamnation à cinq ans de prison pour « abus de confiance », elle a, en revanche, cassé les 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts qu’il devait verser à la Société générale, renvoyant ce volet civil devant la cour d’appel de Versailles (Yvelines).

La commandante de police revient sur l’enquête

L’affaire a pris un nouveau virage en mai avec les révélations de Nathalie Le Roy, la commandante de police qui a mené l’enquête sur l’affaire Kerviel entre 2008 et 2012. Interrogée par un juge d’instruction, elle a révélé l’influence qu’avait eue la Société générale sur la conduite de son enquête, remettant en cause la thèse selon laquelle la banque ignorait tout des agissements de son employé.

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« A l’occasion des différentes auditions et des différents documents que j’ai pu avoir entre les mains, j’ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier » a-t-elle lâché, selon des révélations de Médiapart.

« Malgré tout cela, on continue de nous refuser l’expertise indépendante que l’on réclame sur les pertes réelles de la Société générale, regrette David Koubbi. Mais nous continuerons à nous battre. Aujourd’hui, ce n’est plus une ‘’affaire Kerviel’’ mais une ‘’affaire Société Générale’’.» Une affaire que la cour d’appel de Versailles doit examiner du 20 au 22 janvier 2016.

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