5.000 euros d'amende requis contre Eric Zemmour pour «Incitation à la haine raciale»

JUSTICE Le polémiste était jugé pour ses propos sur « les bandes » d’étrangers « qui dévalisent, dépouillent » les Français…

20 Minutes avec AFP

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Erci Zemmour au tribunal, le 24 juin 2015
Erci Zemmour au tribunal, le 24 juin 2015 — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Une amende de 5.000 euros a été requise mercredi à l’encontre du polémiste Éric Zemmour poursuivi notamment pour incitation à la haine raciale, à la suite d’une chronique à la radio dans laquelle il évoquait « les bandes » d’étrangers « qui dévalisent, violentent ou dépouillent ».

Le parquet a en outre requis 3.000 euros d’amende avec sursis à l’encontre de RTL, poursuivie pour avoir diffusé la chronique de M. Zemmour sur son site internet.

Zemmour et les invasions barbares

Le 6 mai 2014, Eric Zemmour, également poursuivi pour « diffamation raciale », avait déclaré : « Les Normands, les Huns, les Arabes, les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacés par les bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent. » « J’aurais pu ajouter les Russes et les Géorgiens, mais il faut bien s’arrêter », a répondu incisif M.Zemmour à la présidente du tribunal qui l’interrogeait sur les raisons qui l’avaient conduit à ne citer « que » ces cinq « cibles ».

Le polémiste, qui s’est retranché derrière des chiffres et des documents sur la délinquance restés « au fond de son cerveau » au fil de leur lecture, a expliqué avoir également appuyé ses propos sur des témoignages, comme ceux « d’agriculteurs dépouillés par des bandes de roms » et « des touristes chinois dévalisés à Paris » par ces mêmes « bandes ».

«Des propos sans nuances»

Le journaliste a aussi souligné qu’il travaillait « dans l’urgence » et qu’il ne pouvait pas analyser toutes les statistiques sur la délinquance et se devait donc de « synthétiser ». « C’est ma liberté d’expression, si on ne fait pas ça on ne peut plus travailler », s’est défendu M. Zemmour se disant « victime d’un procès profondément politique ».

Mais pour le procureur de la République M. Zemmour tient « des propos sans nuances » qui « rejaillissent sur des groupes visés dans leur ensemble » et « stigmatisent » les populations immigrées. « Vous parlez d’acharnement, mais je ne sais pas de qui l’on parle », a ajouté la magistrate après avoir souligné que le prévenu avait déjà été condamné en 2011 pour les mêmes chefs après avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ».

Le jugement a été mis en délibéré au 22 septembre.