Pour Manuel Valls, l'islam sera «un enjeu électoral» en 2017

RELIGION Le Premier ministre a fait cette déclaration lors d'un forum sur «La République et l'islam»...

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls au salon du Bourget, le 19 juin 2015
Manuel Valls au salon du Bourget, le 19 juin 2015 — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Manuel Valls a admis lundi, en le regrettant, que la question de l’islam serait « un enjeu électoral » en 2017, affichant pour sa part sa conviction d’une religion musulmane « pleinement compatible avec la République ».

Le Premier ministre clôturait lundi un « forum » organisé à l’Assemblée nationale sur le thème « République et islam : ensemble relevons le défi », quelques jours après la première réunion de la nouvelle instance de dialogue du gouvernement avec les musulmans de France et un débat interne organisé par Les Républicains de Nicolas Sarkozy.

Un islam des Lumières

Le Premier ministre a dit « assumer » le fait de mener ce « débat », mais « avec la volonté de le faire avec le respect de l’autre », sous-entendant que c’était l’inverse chez ses adversaires de droite et du Front national. Manuel Valls a appelé lundi à ne pas faire de l’islam « un enjeu électoral ». « Mais je ne suis pas naïf », a-t-il poursuivi, « je sais que ça sera un enjeu électoral, à tous points de vue et pour beaucoup de monde ».

La tenue de ce débat avait été critiquée par un des principaux responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, qui accusait les responsables politiques de trop « mettre en avant l’islam ». « On ne fait pas de fixation sur l’islam », a répliqué Jean Glavany, un membre de l’Observatoire de la Laïcité.

« Mais nous avons bien conscience ici qu’il y a un problème. Comme le disait Camus, + ne pas nommer les choses c’est ajouter à la misère du monde + », a plaidé cet élu socialiste des Hautes-Pyrénées.

Le débat s’est achevé sur un double appel : l’un « aux responsables politiques qui se réclament de la République » afin « qu’ils relèvent le défi sans démagogie politicienne ni surenchère populiste mais sereinement et fermement en se référant aux valeurs de la République » ; et l’autre aux Français musulmans « afin qu’ils aident à la construction d’une relation apaisée avec la République par la promotion de l’islam de France comme un islam des Lumières, moderne et tolérant ».