Migrants: Le pape ne veut plus que les immigrés soient traités comme des «marchandises»

RELIGION Alors que l'Europe fait face à un aflux de clandestins inédit...

Maud Pierron

— 

Le pape François salue la foule après avoir conduit la messe à Turin,le 21 juin 2015
Le pape François salue la foule après avoir conduit la messe à Turin,le 21 juin 2015 — ALBERTO PIZZOLI AFP

Les migrants ne doivent « pas être rendus coupables » des difficultés économiques et « traités comme des marchandises », a lancé dimanche le pape François, au début de sa première visite à Turin, dans le nord industriel de l’Italie, lançant aussi un fort appel contre « la corruption devenue si fréquente ».

S’adressant au petit matin sur la Piazzetta Reale, à une foule de représentants du monde du travail du Piémont, Jorge Bergoglio a évoqué indirectement pour les condamner les manifestations de rejet des immigrés, particulièrement sensibles dans le nord de l’Italie, et au moment où l’Union européenne est divisée sur leur accueil.

Les pleurs du pape

L’image des immigrés qui traversent la Méditerranée « fait pleurer », a-t-il dit, et « si l’immigration augmente la concurrence (économique), ils ne peuvent en être rendus coupables, parce qu’ils sont victimes de l’injustice, de l’économie du rejet et des guerres. Des êtres humains ne doivent pas être traités comme des marchandises ! », s’est-il exclamé, dans son ajout à son discours.

Le pape avait entendu les témoignages d’un entrepreneur du textile, d’un ouvrier et d’un agriculteur, avant de pourfendre une nouvelle fois des maux typiquement italiens : « non à la corruption, qui est aujourd’hui si fréquente qu’elle semble devenue un comportement normal, non aux collusions mafieuses, non aux escroqueries, non aux pots-de vin », alors que les mafias du sud s’implantent économiquement dans le nord de la péninsule.

Tout le monde est exclu

« Non aussi à une économie de la mise au rebut », a-t-il ajouté, en affirmant que celui qui aujourd’hui ne produit plus est vite exclu selon le modèle « consommer et jeter ».

A Turin, « l’exclusion de ceux qui vivent dans la pauvreté absolue sont environ 10 % de la population. On exclut les enfants - un taux de natalité zéro ! -, on exclut les personnes âgées, et désormais on exclut les jeunes : plus de 40 % de jeunes sans emploi », a dénoncé le pape.