Quatre astuces pour se débarrasser d’une chanson qu'on a dans la tête

MUSIQUE Quelques techniques utiles à deux jours de la Fête de la Musique…

T.L.G.

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Un adolescent écoute de la musique avec un casque.
Un adolescent écoute de la musique avec un casque. — ISOPIX/SIPA

« Libérééééééeee, délivréééééee ». Depuis le réveillon de Noël avec votre petite cousine, l’insupportable chanson de La princesse des neiges ne vous quitte plus. Pas de panique. Les scientifiques ont planché sur la problématique des musiques qui nous restent dans la tête et nous donnent quelques astuces pour s’en délivrer. 20 Minutes en a sélectionné quatre.

>> Pourquoi certaines chansons nous restent irrésistiblement dans la tête

L’ours blanc de Dostoïevski

Les mélodies s’incrustent dans notre cerveau comme d’insidieuses pensées. Le psychologue Tom Stafford faisait ainsi une analogie avec le jeu de l’ours blanc de Dostoïevski sur la BBC en 2012. « Essayez ceci : ne pas penser à un ours polaire, et vous constaterez que cette maudite bête vous reviendra à l’esprit toutes les minutes », écrivait l’écrivain russe dans Note d’hiver sur impression d’été.

Quelques secondes suffisent pour comprendre le paradoxe. « La solution est de faire autre chose, en évitant à la fois de penser à l’ours blanc et de ne pas y penser », explique Tom Stafford. « Pour les musiques, c’est la même chose. Notre système cognitif est infecté. Donc demander à notre cerveau de se taire ne sera pas d’un grand secours, bien au contraire ». Le psychologue propose plutôt de « chanter une chanson qui ressemble à celle restée dans notre tête », afin « d’effacer le caractère unique » du morceau en question.

Faire des anagrammes

Autre piste : faire travailler votre cerveau sur des jeux mentaux. Par exemple, résoudre des anagrammes (utiliser les lettres d’un mot pour en faire un nouveau, chicane - caniche). « La clé est de trouver le bon niveau de défi », explique Ira Hyman de l’Université de Washington au Telegraph. « Si vous êtes mentalement engagé dans une tâche, cela limitera la capacité des chansons à entrer dans votre tête ».

« Une activité intellectuelle permettra de redonner un peu de puissance au "cerveau évolué" pour lui permettre de reprendre le dessus sur le système du plaisir », indique à 20 Minutes le neurologue Pierre Lemarquis.

« Quelque chose que nous pouvons faire automatiquement comme conduire ou marcher implique une utilisation restreinte de nos ressources cognitives et laisse un espace libre trop important qui offre l’occasion à votre juke-box interne de jouer », ajoute Ira Hyman. De la même manière, un exercice trop relevé aura tendance à décourager votre cerveau. « Il faut trouver un juste milieu qui diffère selon les individus », affirme le psychologue.

Lire une nouvelle ou résoudre des grilles de Sudoku chasseraient aussi les musiques entêtantes. Mais l’étude a montré que ce sont les anagrammes de cinq lettres qui donnaient le meilleur résultat.

Mâcher du chewing-gum

Se débarrasser d’un tube en mangeant du chewing-gum. Des chercheurs de l’université de Reading en Angleterre ont réalisé cette expérience sur 98 volontaires. Les cobayes ont écouté des chansons comme Play Hard de David Guetta, ou Payphone du groupe Maroon 5. Dans les trois minutes qui suivaient l’écoute, ils devaient enclencher une touche sur leur clavier à chaque fois que la musique faisait irruption dans leur esprit. Les scientifiques se sont aperçus que la pâte à mâcher permettait aux cobayes de moins y penser.

Chanter la chanson en entier

Lorsqu’un air nous agace, il ne dure souvent que quelques secondes. « Les refrains ont tendance à rester dans la tête car ce sont les parties que nous connaissons le mieux, et comme nous ignorons généralement le deuxième ou troisième couplet, la chanson demeure inachevée. Or ce sont les pensées inachevées qui sont les plus susceptibles de revenir », assure Ira Hyman. Pour vous en débarrasser, imprimez donc les paroles et allez jusqu’au bout.