Islam: Le ramadan a commencé ce jeudi, dans l'unité

RELIGION Fait notable, tous les courants de l'Islam de France se sont mis d'accord pour débuter en même temps le mois sacré de la 2e religion de France...

20 Minutes avec AFP
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Un oiseau vole au-dessus de la Grande Mosquée de Paris à la veille du ramadan, le 17 juin 2015
Un oiseau vole au-dessus de la Grande Mosquée de Paris à la veille du ramadan, le 17 juin 2015 — Joel Saget AFP

Jour J pour les musulmans. Le ramadan, le mois sacré de l’islam, a commencé ce jeudi à l’aube en France. Durant le 9e mois du calendrier lunaire hégirien, les musulmans sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, des premières lueurs de l’aube - dès que l’on peut « distinguer un fil blanc d’un fil noir », prescrit le Coran, soit bien avant le lever du soleil - jusqu’à son coucher.

Autrement dit le jeûne sera de plus de 18 heures, dès 3h50 environ et jusqu’à presque 22h00, dans les premiers jours de ce mois sacré qui rappelle celui durant lequel le Coran a été révélé au prophète Mahomet, selon la tradition.

Comme à chaque fois, le ramadan s’annonce particulièrement éprouvant pour les travailleurs… et pour les candidats au bac, avec les journées de jeûne les plus longues depuis une trentaine d’années. La première semaine du ramadan, cette année, sonnera aussi le début de l’été, avec les jours les plus longs et un risque de températures élevées.

Pas de dispense pour le bac

Or le jeûne du ramadan, quatrième pilier de l’islam, s’impose à tout musulman pubère. En France, où vit la première communauté musulmane d’Europe avec cinq millions de membres (pratiquants ou non), c’est d’ailleurs un rite culturel autant que cultuel massivement suivi, avec plus de 70 %, voire 80 % de jeûneurs, selon les études.

Des dispenses appelant des compensations - par un jeûne différé - sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Mais théoriquement ni pour les travailleurs ni pour les candidats à des examens…

« Passer un examen n’est pas considéré comme une raison valable d’abandon du jeûne », selon Anouar Kbibech, prochain président du Conseil français du culte musulman (CFCM). « Il peut cependant y avoir des situations où la personne n’arrive pas à assumer le jeûne. A l’impossible nul n’est tenu », ajoute-t-il, comme en écho à un passage du Coran (« Dieu veut pour vous la facilité et non la difficulté »).

Unité des musulmans

Pour le musulman orthodoxe Fateh Kimouche, blogueur influent sous le nom d’Al Kanz, « le problème ce n’est pas le ramadan, c’est soi-même. C’est sûr que le jeûne est plus facile à supporter si on ne fait pas d’orgie le soir », lors du repas de l’iftar, glisse-t-il. « Beaucoup se sentent plus léger, se sentent mieux lors du ramadan », assure-t-il en vantant ses vertus d'« ascèse spirituelle » et de « thérapie corporelle ».

La durée du jeûne et la chaleur pourraient toutefois éprouver durement les organismes cette année. En prévision, le président sortant du CFCM, Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a appelé à la « bienveillance » les employeurs de salariés de confession musulmane, tout en assurant qu'« aucune entreprise ne sera gênée par le ramadan ».

Fait notable cette année, les fidèles de la deuxième religion de France entament ce mois sacré dans l’unité, puisque les partisans de l’observation lunaire - l’islam institutionnel algéro-marocain qui tient le CFCM, mais aussi les courants fondamentalistes salafistes - ont fait mardi dernier le même choix de date d’entrée dans le ramadan que les adeptes de la détermination à l’avance du calendrier par le calcul astronomique.